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La recherche d’une coexistence harmonieuse avec les forêts

2017-10-18          

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Texte d’An Yi et Fan Zhang 

                                      Photographies de Fan Zhang 

La chaîne du Grand Khingan, située dans le nord de la province du Heilongjiang et de la région autonome de Mongolie intérieure, forme une merveille naturelle créatrice d’oxygène sur une large zone forestière. Ce grand espace, qui s’étale sur plus de 1 200 km avec une largeur de 200 à 300 km, constitue une importante base forestière du nord de la Chine, et comprend la plus grande densité de conifères du pays. Cette zone fertile abrite une faune et une flore diverses, et forme l’habitat traditionnel des Ewenki, une minorité chinoise. Il y a plus de 300 ans, les Ewenki éleveurs de rennes vivaient déjà dans le Grand Khingan.

 

La migration des Ewenki éleveurs de rennes

Les Ewenki forment un groupe ethnique transfrontalier qui vit principalement en Russie et en Chine. Un petit nombre vit en Mongolie. Selon le recensement national effectué en Chine en 2010, les Ewenki, qui sont l’un des 56 groupes ethniques du pays, sont plus de 30 000. Au cours de l’Histoire, la Chine les a répartis en trois groupes : les agriculteurs, les éleveurs et les chasseurs. Les chasseurs, qui sont les plus connus, se déplaçaient dans la chaîne du Grand Khingan. On les appelait les éleveurs de rennes, parce qu’ils avaient besoin de ces derniers pour le lait et le transport. 

Dès le XVIIIe siècle, les Ewenki éleveurs de rennes se sont regroupés autour du Grand Khingan depuis des régions plus lointaines au nord.

Au milieu du XXe siècle, leur mode de vie a commencé à changer peu à peu. Avant 1949, ils formaient une société patrilinéaire. Sous la direction du gouvernement après 1949, ils ont déménagé à quatre reprises, de plus en plus loin du coeur des montagnes. Leur dernière migration a eu lieu en 2003, lorsqu’une majorité d’entre eux a été déplacée vers le comté d’Olguya à Genhe en Mongolie intérieure, afin de protéger l’écosystème des monts du Grand Khingan.

 

De la construction à l’interdiction de l’abattage

Dans le cadre de son développement économique, la Chine a commencé à exploiter les monts du Grand Khingan dans les années 1950. Les zones boisées ont été en partie détruites. Dans les années 1990, le pays a pris conscience du grave impact des crises environnementales et forestières causées par une exploitation excessive, et a commencé à prendre des mesures pour protéger les montagnes. En l’an 2000, la Chine a lancé son Programme de protection naturelle des forêts pour remédier à la détérioration de l’écosystème, protéger la biodiversité et promouvoir le développement durable.

Depuis, les monts du Grand Khingan font l’objet de grands efforts dans le cadre du réajustement de la structure économique et industrielle des zones forestières. En 2011, la région a commencé sa transition vers un développement écologique avec une réduction de la production de bois sur plusieurs années. Depuis 2014, l’abattage d’arbres est formellement interdit dans la région, ce qui permet de préserver environ 2 millions de mètres cubes de ressources chaque année.

Aujourd’hui, les zones boisées récupèrent, mais les éleveurs de rennes doivent changer de mode de vie.

 

Une nouvelle vie pour les migrants environnementaux

Lorsque la chasse a été interdite à l’échelle nationale en 2003, les Ewenki ont cédé leurs fusils et ont adopté d’autres moyens de subsistance comme l’élevage de rennes. Un grand nombre d’entre eux ont déménagé dans les nouveaux quartiers construits par le gouvernement en périphérie de Genhe, et conçus par des architectes finlandais. Les maisons ont été construites en bois, comme des villas, pour faire en sorte qu’elles soient chaudes l’hiver et fraîches en été. Meublées, équipées de la télévision et du câble, de toilettes, d’eau courante et du chauffage central, les maisons ont été fournies aux Ewenki gratuitement par le gouvernement. Même l’eau chaude et le téléphone étaient gratuits, et chaque foyer recevait les nécessités du quotidien fournies par le gouvernement. Cette nouvelle banlieue Ewenki a vite attiré les touristes.

Les anciens chasseurs ont besoin de temps pour s’adapter à leur nouvelle vie, mais pour les jeunes de l’ethnie, le déplacement et l’interdiction de la chasse sont l’opportunité de vivre autrement.

Tous reçoivent des subventions pour élever des rennes, ce qui leur permet de ne plus avoir à migrer à travers les forêts dangereuses comme le faisaient leurs ancêtres. Les rennes ne servent plus au transport. Leurs bois et leur peau sont une importante source de revenus pour les éleveurs. Le tourisme local a aussi considérablement augmenté les revenus des Ewenki, et les enfants peuvent désormais aller dans les bonnes écoles des villes.

Quoi qu’il en soit, la vie des Ewenki est aujourd’hui bien différente de celle de leurs ancêtres nomades. Chaque foyer élève quelques dizaines de rennes. Pour leur permettre de courir librement, ce qui est nécessaire à leur bon développement, les Ewenki ont innové. Le mois de septembre est la saison des amours. Les mâles ont alors un tempérament vif et se battent entre eux. Pour éviter les combats, les éleveurs les font sortir et les nourrissent séparément. Pendant qu’un groupe est au grand air, les autres sont enfermés dans des enclos construits en pin ou en bouleau. Les Ewenki font des réserves de mousse d’arbre pour nourrir les rennes pendant l’hiver. Avant l’arrivée de l’hiver, les Ewenki partent dans les montagnes à la recherche de mousse. Ils remplissent dix grands sacs et effectuent plusieurs trajets pour les transporter chez eux. Comme la mousse, qui est l’aliment principal des rennes, pousse très lentement, les Ewenki vont d’une forêt à une autre pour en avoir suffisamment. 

Il y a plus de 300 ans, lorsqu’ils se sont installés dans les monts du Grand Khingan, les Ewenki n’auraient pas pu imaginer qu’un jour ils vivraient si près des grandes villes. Mais ce peuple mû par l’amour des forêts veut coexister harmonieusement avec la nature et garder espoir.

 

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La recherche d’une coexistence harmonieuse avec les forêts

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Texte d’An Yi et Fan Zhang 

                                      Photographies de Fan Zhang 

La chaîne du Grand Khingan, située dans le nord de la province du Heilongjiang et de la région autonome de Mongolie intérieure, forme une merveille naturelle créatrice d’oxygène sur une large zone forestière. Ce grand espace, qui s’étale sur plus de 1 200 km avec une largeur de 200 à 300 km, constitue une importante base forestière du nord de la Chine, et comprend la plus grande densité de conifères du pays. Cette zone fertile abrite une faune et une flore diverses, et forme l’habitat traditionnel des Ewenki, une minorité chinoise. Il y a plus de 300 ans, les Ewenki éleveurs de rennes vivaient déjà dans le Grand Khingan.

 

La migration des Ewenki éleveurs de rennes

Les Ewenki forment un groupe ethnique transfrontalier qui vit principalement en Russie et en Chine. Un petit nombre vit en Mongolie. Selon le recensement national effectué en Chine en 2010, les Ewenki, qui sont l’un des 56 groupes ethniques du pays, sont plus de 30 000. Au cours de l’Histoire, la Chine les a répartis en trois groupes : les agriculteurs, les éleveurs et les chasseurs. Les chasseurs, qui sont les plus connus, se déplaçaient dans la chaîne du Grand Khingan. On les appelait les éleveurs de rennes, parce qu’ils avaient besoin de ces derniers pour le lait et le transport. 

Dès le XVIIIe siècle, les Ewenki éleveurs de rennes se sont regroupés autour du Grand Khingan depuis des régions plus lointaines au nord.

Au milieu du XXe siècle, leur mode de vie a commencé à changer peu à peu. Avant 1949, ils formaient une société patrilinéaire. Sous la direction du gouvernement après 1949, ils ont déménagé à quatre reprises, de plus en plus loin du coeur des montagnes. Leur dernière migration a eu lieu en 2003, lorsqu’une majorité d’entre eux a été déplacée vers le comté d’Olguya à Genhe en Mongolie intérieure, afin de protéger l’écosystème des monts du Grand Khingan.

 

De la construction à l’interdiction de l’abattage

Dans le cadre de son développement économique, la Chine a commencé à exploiter les monts du Grand Khingan dans les années 1950. Les zones boisées ont été en partie détruites. Dans les années 1990, le pays a pris conscience du grave impact des crises environnementales et forestières causées par une exploitation excessive, et a commencé à prendre des mesures pour protéger les montagnes. En l’an 2000, la Chine a lancé son Programme de protection naturelle des forêts pour remédier à la détérioration de l’écosystème, protéger la biodiversité et promouvoir le développement durable.

Depuis, les monts du Grand Khingan font l’objet de grands efforts dans le cadre du réajustement de la structure économique et industrielle des zones forestières. En 2011, la région a commencé sa transition vers un développement écologique avec une réduction de la production de bois sur plusieurs années. Depuis 2014, l’abattage d’arbres est formellement interdit dans la région, ce qui permet de préserver environ 2 millions de mètres cubes de ressources chaque année.

Aujourd’hui, les zones boisées récupèrent, mais les éleveurs de rennes doivent changer de mode de vie.

 

Une nouvelle vie pour les migrants environnementaux

Lorsque la chasse a été interdite à l’échelle nationale en 2003, les Ewenki ont cédé leurs fusils et ont adopté d’autres moyens de subsistance comme l’élevage de rennes. Un grand nombre d’entre eux ont déménagé dans les nouveaux quartiers construits par le gouvernement en périphérie de Genhe, et conçus par des architectes finlandais. Les maisons ont été construites en bois, comme des villas, pour faire en sorte qu’elles soient chaudes l’hiver et fraîches en été. Meublées, équipées de la télévision et du câble, de toilettes, d’eau courante et du chauffage central, les maisons ont été fournies aux Ewenki gratuitement par le gouvernement. Même l’eau chaude et le téléphone étaient gratuits, et chaque foyer recevait les nécessités du quotidien fournies par le gouvernement. Cette nouvelle banlieue Ewenki a vite attiré les touristes.

Les anciens chasseurs ont besoin de temps pour s’adapter à leur nouvelle vie, mais pour les jeunes de l’ethnie, le déplacement et l’interdiction de la chasse sont l’opportunité de vivre autrement.

Tous reçoivent des subventions pour élever des rennes, ce qui leur permet de ne plus avoir à migrer à travers les forêts dangereuses comme le faisaient leurs ancêtres. Les rennes ne servent plus au transport. Leurs bois et leur peau sont une importante source de revenus pour les éleveurs. Le tourisme local a aussi considérablement augmenté les revenus des Ewenki, et les enfants peuvent désormais aller dans les bonnes écoles des villes.

Quoi qu’il en soit, la vie des Ewenki est aujourd’hui bien différente de celle de leurs ancêtres nomades. Chaque foyer élève quelques dizaines de rennes. Pour leur permettre de courir librement, ce qui est nécessaire à leur bon développement, les Ewenki ont innové. Le mois de septembre est la saison des amours. Les mâles ont alors un tempérament vif et se battent entre eux. Pour éviter les combats, les éleveurs les font sortir et les nourrissent séparément. Pendant qu’un groupe est au grand air, les autres sont enfermés dans des enclos construits en pin ou en bouleau. Les Ewenki font des réserves de mousse d’arbre pour nourrir les rennes pendant l’hiver. Avant l’arrivée de l’hiver, les Ewenki partent dans les montagnes à la recherche de mousse. Ils remplissent dix grands sacs et effectuent plusieurs trajets pour les transporter chez eux. Comme la mousse, qui est l’aliment principal des rennes, pousse très lentement, les Ewenki vont d’une forêt à une autre pour en avoir suffisamment. 

Il y a plus de 300 ans, lorsqu’ils se sont installés dans les monts du Grand Khingan, les Ewenki n’auraient pas pu imaginer qu’un jour ils vivraient si près des grandes villes. Mais ce peuple mû par l’amour des forêts veut coexister harmonieusement avec la nature et garder espoir.