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Tinga, l’innovateur du thangka (1974 - )

2017-03-14      Édité par Zhao Yue

 

Les Tibétains produisent de nombreuses œuvres culturelles et artistiques uniques, parmi lesquelles les thangkas font partie des plus populaires. Traditionnellement, l'art du thangka est une peinture bouddhiste tibétaine sur coton, ou sur appliqué de soie, représentant une divinité ou une scène bouddhiste. Avec une histoire de plus de 1 300 ans, l'art du thangka a donné naissance à plusieurs écoles aux caractéristiques uniques, dont Manniang, ChenZher et Karzhi sont particulièrement reconnues.

 

 

 

 

Né en mai 1974, Tinga a commencé à étudier l’art de l'École Karzhi auprès de son oncle en 1982. Son oncle est Karma Delek, héritier de la 28e génération de l'École Karzhi. Grandement influencée par la peinture Han, l'École Karzhi dispose d'un style vif et de couleurs élégantes. Toutefois, la formation pour composer ces peintures magnifiques est incroyablement fastidieuse. Chaque jour, Tinga commençait à l’aube et peignait jusqu’à la nuit tombée, pendant plus de douze heures. Comme le thangka est fortement empreint d’éléments religieux, Tinga passait ses nuits à lire des livres sur le bouddhisme tibétain et à étudier sutras pour mieux comprendre les œuvres. En général, l'étude du thangka commence par le dessin à l'encre traditionnelle, puis par les techniques de pinceau, et l’étude des proportions des différentes divinités bouddhistes. Les débutants commencent par copier un portrait de Bouddha, un effort qui peut durer jusqu'à deux ans. Après huit ans de formation stricte, Tinga a terminé son apprentissage et a pu produire ses propres peintures murales et thangkas.

 

 

 

 

Rapidement, il a été invité par treize monastères du Tibet à peindre des thangkas et des peintures murales, y compris par le célèbre monastère Karma à Qamdo. Pour les peintres de thangkas, voyager pour peindre pour des monastères est considéré comme un grand honneur. Mais ces voyages n’étaient pas faciles dans les années 1990, lorsque les transports restaient peu développés au Tibet. Pourtant, Tinga a eu l'occasion de se lancer dans un pèlerinage de dix ans. Il a visité tous les monastères du Tibet et de nombreuses communautés tibétaines dans d'autres parties de la Chine, et a étudié les peintures murales et les thangkas des monastères tout en apprenant auprès d’experts et d’archéologues de reliques culturelles locales. «Certaines peintures murales et thangkas étaient très bien conservés malgré une histoire de plusieurs centaines d'années», se souvient-il. «J’ai été très ému de voir ces œuvres produites par nos ancêtres il y a plusieurs siècles. Durant mon voyage, j’ai été encore plus surpris de constater la profondeur de l'amitié de longue date entre les Tibétains et les Han. Par exemple, certains personnages représentés sur les peintures murales du monastère de Drathang, dans la préfecture tibétaine de Shannan, sont vêtus de costumes anciens de style han.»

 

 

 

 

En 1998, Tinga a eu la chance de voir une image d'un thangka représentant une Tara verte du Népal, un Bodhisattva féminin associé à une activité éclairée et à l'abondance dans le bouddhisme tibétain. Cette œuvre, qui contrastait fortement avec les œuvres traditionnelles tibétaines, a inspiré Tinga à injecter de nouvelles idées dans le thangka tibétain traditionnel. Il a créé avec plusieurs autres peintres de thangkas tibétains renommés l'École Duo. Par rapport aux autres écoles de thangka, Duo laisse de grands espaces blancs sur les rouleaux, privilégie des compositions simples, et absorbe les caractéristiques de la peinture traditionnelle chinoise réaliste pour les paysages. De manière plus importante encore, la nouvelle école propose des sujets, des techniques et des styles plus variés. « Notre objectif lorsque nous avons fondé cette nouvelle école était de mieux préserver et de mieux transmettre l'art tibétain », explique Tinga. «Le Tibet a déjà un bon nombre de genres de thangkas. Nous voulions développer et promouvoir l'art, pour le diversifier et le rendre plus attrayant.»

En tant qu’héritier de la 29e génération de l'École Karzhi, Tinga se soucie profondément de préserver et de transmettre la culture du thangka. «J'ai appris l'art à l'ancienne, essentiellement auprès de membres de ma famille», admet-il. «Je n'ai pas beaucoup l'éducation artistique théorique. Les jeunes qui apprennent la peinture du thangka maintenant et ceux qui ont l'intention d'apprendre devraient d'abord étudier les fondamentaux, en particulier l'histoire et la culture du Tibet. Ces connaissances les aideront à se développer plus rapidement en tant qu’artistes.»

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