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Shan Jixiang, le gardien de la Cité interdite

2017-05-10      Texte de Duan Wei et Wang Yuncong



 

 

Le 8 septembre 2012, la Cité interdite a inauguré le Forum du Musée du palais, une série de conférences publiques à but non lucratif. La première conférence, intitulée « De la Cité interdite au Musée du palais », a été présentée par le conservateur Shan Jixiang, à la tête du musée depuis seulement huit mois. Au cours des quatre années suivantes, près de 70 experts sont intervenus durant le forum pour donner des conférences sur des thèmes allant de l'architecture chinoise ancienne, de l’étude des objets anciens à la protection technologique du patrimoine culturel. Près de 10 000 personnes ont bénéficié de ce forum. Le 12 février 2017, le forum a célébré sa 100e conférence. Le conservateur est retourné sur le podium pour présenter un séminaire intitulé « Expressions du Musée du palais ».

Le forum est l'un des nombreux programmes créés à l’initiative de M. Shan depuis sa prise de fonctions. Selon lui, pour optimiser le musée du palais rempli de trésors nationaux et en faire profiter les touristes du monde entier, des efforts doivent être faits au-delà de la maintenance standard d’un musée.





 

« Un Musée du palais dans la dignité »

Né à Beijing en 1954, M. Shan a étudié la protection et la planification des villes et quartiers historiques à l’université. Au début des années 1990, il a commencé à pratiquer l'urbanisme et la protection du patrimoine culturel, et a été qualifié de cadre lettré par les médias chinois. Au début de l’année 2012, il a été nommé conservateur de la Cité interdite mondialement renommée, où ont vécu 24 empereurs des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911).






Dès son arrivée, il a lancé une vaste recherche de terrain au musée. Couvrant une superficie totale de 111 hectares, le Musée du palais est tellement immense que les Chinois font toujours référence à sa taille par l’hyperbole. « Quelqu’un pourrait dormir dans une pièce différente du Musée du palais tous les soirs, sans qu’une vie suffise à les utiliser toutes », dit-on. Mais M. Shan était décidé à arpenter chaque centimètre pour « connaître chaque fleur et chaque brique ». Cinq mois plus tard, il avait découvert les 9 000 chambres du musée du palais et usé vingt paires de chaussures de toile. Depuis la fin de la construction de la Cité interdite en 1420, il n’y a peut-être que deux personnes qui ont réussi cet exploit : M. Shan et son secrétaire. Parallèlement à cette enquête de terrain, il a consulté des spécialistes du musée en activité et à la retraite, des experts en reliques culturelles, les conservateurs précédents et des spécialistes externes de domaines connexes. « Au cours de mes visites et recherches, j'ai commencé à mieux comprendre la subtilité, l’aspect sensible et la complexité de notre travail, ainsi que les défis auxquels nous sommes confrontés et le dévouement de tant de gens », explique-t-il.






Les cinq musées les plus célèbres du monde sont la Cité interdite, le musée du Louvre, le British Museum, le Met et le musée historique de l'Hermitage. Ils sont en Chine, en France, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Russie, respectivement. « Il faut avoir un bon musée pour devenir un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU », dit M. Shan en plaisantant.

Dans l'espoir d'aider le Musée du palais à mieux montrer l'histoire de la civilisation chinoise et à devenir plus international, M. Shan a mené une série de réformes. La rénovation complète des structures anciennes a été réalisée sans devoir fermer le musée, et la plupart des structures sont restées dans un état sain. En 2013, le musée a lancé un programme pilote de fermeture tous les lundis après-midi. Depuis 2014, le musée est fermé au public tous les lundis pour donner aux bâtiments et aux reliques un temps de repos. En 2013, le tabac et les briquets ont été interdits pour assurer la préservation des structures en bois anciennes. La même année, les véhicules à moteur ont été interdits d'entrer dans les zones ouvertes au public dans la Cité interdite. En avril 2013, le président français François Hollande est sorti de voiture à la porte du Méridien, l'une des quatre portes du palais impérial, et a traversé le musée à pied. Depuis, aucune exception n'a été faite, même pour les invités d'État. À la fin de l’année 2015, la Galerie numérique à la porte Duanmen a commencé à recevoir des visiteurs. En 2016, 76 % de la superficie totale du musée était ouverte au public, contre seulement 30 % quelques années auparavant.






M. Shan a insisté sur le fait que le point de départ de tout son travail visait à « donner plus de dignité au Musée du palais ». Ce terme de dignité est vu sous un angle double : il s'est engagé à protéger la dignité des 1,8 million de reliques culturelles abritées dans le musée, ainsi que celle des visiteurs. Chaque objet du musée doit être conservé pour la postérité en sécurité et dans de bonnes conditions, en sachant que plus de 10 millions de personnes visitent chaque année le musée. « Chaque visiteur doit avoir un bon environnement et une expérience culturelle impressionnante », estime M. Shan. « Il faut pouvoir visiter ce magnifique musée avec dignité ».



 

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