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Huang Danian, de tout cœur au service de la patrie

2017-10-18      Texte de Ru Yuan    

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Le 8 janvier 2017, le géophysicien renommé Huang Danian est décédé d’un cancer de la vésicule biliaire à l’âge de 58 ans. Il était tombé dans le coma à l’hôpital de Changchun où il était soigné. Plus de 800 personnes se sont rendues à ses funérailles. Parmi elles se trouvaient des scientifiques, des amis et des étudiants du monde entier.

Huang Danian était un expert des technologies d’exploration terrestre profonde. Il était rentré en Chine en 2009 après près de deux décennies d’étude et de travail en Grande-Bretagne. Au cours des sept années qui ont suivi, il a formé dix-huit étudiants en doctorat et vingt-six jeunes docteurs. Avec son équipe, il a réussi à rattraper l’écart qui séparait la Chine des pays développés en termes de statistiques fiables sur l’exploration profonde terrestre, et a permis au pays de devenir un leader mondial des équipements d’exploration.

 

Le retour en Chine

En 2008, la Chine a lancé son Programme de recrutement d’experts internationaux, aussi connu sous le nom de Plan des 10 000 talents, dans l’espoir de convaincre des experts chinois expatriés et étrangers de classe mondiale de venir travailler dans le pays. Huang Danian a été l’un des premiers à y participer. Grâce à un meilleur environnement de recherche scientifique et un fort soutien du gouvernement, le programme a convaincu plus de 6 000 chercheurs de venir travailler en Chine.

À la fin de l’année 2009, Huang a atterri à l’aéroport international de Beijing avec son épouse. Il a commencé à travailler à l’Université du Jilin à Changchun, où plus de trente ans auparavant, il avait étudié la géophysique appliquée. La même année, la Chine a lancé son projet SinoProbe, dont l’objectif était d’installer des appareils photo de haute technologie sur des avions, des navires et des satellites, afin de voir à travers la croûte terrestre et de détecter la composition, la structure et les caractéristiques physiques de la lithosphère. Huang a été convié à assurer le poste de scientifique en chef d’une des branches du projet.

Avec tant de choses à faire en si peu de temps, Huang s'est plongé dans le travail. Il a passé des nuits à dormir dans son bureau. Ses collègues de l'Université du Jilin se souviennent que pour travailler encore plus efficacement, il était encore au bureau tard le soir et prenait des vols nocturnes à la dernière minute. Son chauffeur était devenu habitué à le conduire à l'aéroport à minuit. Le bâtiment où il travaillait était censé être complètement fermé à minuit, mais comme il partait toujours tard, le gardien de sécurité le suppliait d’essayer de partir à l’heure.

Beaucoup de ses collègues voyaient en lui un bourreau du travail, mais Huang préférait le terme de « fou du travail ». « La Chine a besoin de fous comme nous pour devenir un pays plus fort », déclarait-il. « Ce serait un honneur d’être un fou utile. » Un jour, parce que certaines formalités administratives n'avaient pas encore été soumises pour une structure de test de nouveaux drones, les inspecteurs de la ville ont considéréla structure comme illégale et ontfait venir des machines de démolition. Huang s’est allongé sur le sol pour bloquer le passage du bulldozer. Cependant, une telle « folie »,lorsqu'elle s'applique à la science, à la technologie et au devoir, est précisément ce qui lui a permis de révéler les secrets cachés sous terre.

 

Un scientifique stratégique

Après le décès de Huang, l'Université du Jilin l'a qualifié de « scientifique stratégique ». Bien que certains n'aient pas compris ce qualificatif, Liu Cai, doyen de l’Institutd’exploration géologique, considère que cela est parfaitement approprié.

« Un scientifique stratégique est défini par le fait que son travail est destiné à répondre aux besoins du pays ou par sa vision internationale, et par sa capacité àcréer des avancées qui aideront la patrie », explique Liu Cai. « C’est pourquoi je pense que Huang est hautement qualifié pour ce terme. »

En plus de son rôle de scientifique en chef d'une branche du projet SinoProbe, Huang a coordonné six sous-projets dans son domaine de recherche, sur un système de traitement et d'intégration de données d’une plate-forme mobile, un système de détection électromagnétique au sol, un système de détection aéromagnétique par drone, un sismographe sans câble en déplacement autonome, un outil de forage scientifique continental et des zones de démonstration pour les expériences de terrain.

Ces six projets de recherche sont interdisciplinaires, hautement intégrés et richesen données pour améliorer la productivité. « Les scientifiques stratégiques poussent la recherche à un niveau supérieur grâce à l'intégration », ajoute M. Liu. « Ils diffèrent des scientifiques qui se cantonnent à un domaine. »

L'Institut de recherche sur les sciences et la technologie des océans de l'Université du Jilin a été fondé par HuangDanian. Cui Junhong, actuelle responsable de l'institut, affirme que Huang a contribué à sa décision de retourner en Chine après un séjour aux États-Unis.

Ancienne étudiante de l'Université du Jilin, Cui s’est spécialisée dans l'informatique et a travaillé aux États-Unis pendant dix-huit ans. Elle est experte dans deux domaines, la technologie océaniqueintelligente (le réseau de communication acoustique sous-marine) et l'intégration de la production, de l'enseignement et de la recherche.

En 2014, lorsqu’elle a été invitée à donner une conférence à l'Université du Jilin, l’université l'a exhortée à retourner en Chine et à travailler pour l’établissement. « Cela est une bonne idée, mais mon domaine de recherche est l'océan », a-t-elle répondu.

« Comment puis-je mener des recherches sur les océans à Changchun, une ville sans littoral ? »

« Discutez-en avec le professeur Huang », a suggéré un administrateur.

« J'ai rapidement rencontré le professeur Huang et j'ai parlé avec lui tout au long de l'après-midi, puis nous avons dîné ensemble », se souvient-elle. Elle a alors décidé de retourner à l'université pour mener ses recherches océaniques. « Le professeur Huang m'a décrit son système colossal qui combinaitdes explorations de la croûte continentale profonde et de la mer profonde. Je me souviens encore vivement qu’il m’a dit ce jour-là que Changchun est une ville sans littoral, mais que nous pouvions accéder facilement à la mer. »

Avec l'aide considérable de Huang Danian, l'Institut de recherche sur les sciences et la technologie des océans a été rapidement mis en place. À l'heure actuelle, les travaux de préparation de l’Institut des sciences océaniques de l'Université du Jilin sont menés dans la ville côtière chinoise de Shenzhen. « Je pense que le professeur Huang n'a jamais manqué la moindre opportunité critique », estime Cui.

 

Un pionnier prêt à faire des sacrifices

Né en 1958 à Nanning, dans la province du Guangxi, HuangDanian a commencé à s’intéresserà la géophysique durant son enfance. Ses deux parents enseignaient dans un institut géologique et ont transmis leur passion à leur fils.

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, il est allé en Grande-Bretagne pour menerdes études approfondies en 1993. Il était l'un des trente étudiants parrainés par le gouvernement cette année-là. Pendant son séjour en Grande-Bretagne, il a combiné avec succès l'intégrité intellectuelle chinoise et la précision britannique. En 1996, il a obtenu son doctorat en géophysique après avoir réussi ses examens en tête de promotion. Il a ensuite rejoint la société britannique de services géophysiques ARKeX. Il était déjà chercheur avancé spécialiste de la haute résolution et de la géométrie en gravité marine, des connaissances principalement utilisées dans l'exploration des ressources en pétrole, gaz et minéraux dans les océans et sous terre.

Pendant son séjour en Grande-Bretagne, il est resté engagé pour sa patrie. Il a longtemps rêvé de revenir servir le pays avec tout son cœur, selon sa famille. Il prenait l’avion régulièrement pour retourner en Chine et participer à des activités académiques et à des ateliers liés à son domaine de recherche. Sa décision de rentrer en 2009 n'a donc pas été une grande surprise. Pour le géophysicien, ce n'était ni un choix aléatoire, ni une décision impulsive.

« Je pense que Huang a vu qu'il atteignait un plafond en Grande-Bretagne, alors qu’en revenant en Chine, il pourrait participer à de nouveaux défis et servir son pays », explique Gao Ping, qui l’a recruté dans le cadre du programme des talents internationaux. Il était clair que la Chine finançait des projets scientifiques de haute qualité et Huang voulait s'impliquer.

L'amour de Huang pour son pays a duré jusqu'à la fin. Pendant ses derniers jours, il a continué de répondre aux questions de ses élèves entre deux transfusions, a assigné des travaux et écrit des lettres de recommandation pour ses collègues.

« Dans l’idéal, je veux être un pionnier prêt à faire des sacrifices », a-t-il déclaré lors de la dernière interview de sa vie, le 5 décembre 2016. « J’ai déjà passé la cinquantaine. J'espère que je pourraicontribuer à rendre le travail scientifique plus facile pour les futures générations chinoises. »

 

 

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Huang Danian, de tout cœur au service de la patrie

2017-10-18      Texte de Ru Yuan

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Le 8 janvier 2017, le géophysicien renommé Huang Danian est décédé d’un cancer de la vésicule biliaire à l’âge de 58 ans. Il était tombé dans le coma à l’hôpital de Changchun où il était soigné. Plus de 800 personnes se sont rendues à ses funérailles. Parmi elles se trouvaient des scientifiques, des amis et des étudiants du monde entier.

Huang Danian était un expert des technologies d’exploration terrestre profonde. Il était rentré en Chine en 2009 après près de deux décennies d’étude et de travail en Grande-Bretagne. Au cours des sept années qui ont suivi, il a formé dix-huit étudiants en doctorat et vingt-six jeunes docteurs. Avec son équipe, il a réussi à rattraper l’écart qui séparait la Chine des pays développés en termes de statistiques fiables sur l’exploration profonde terrestre, et a permis au pays de devenir un leader mondial des équipements d’exploration.

 

Le retour en Chine

En 2008, la Chine a lancé son Programme de recrutement d’experts internationaux, aussi connu sous le nom de Plan des 10 000 talents, dans l’espoir de convaincre des experts chinois expatriés et étrangers de classe mondiale de venir travailler dans le pays. Huang Danian a été l’un des premiers à y participer. Grâce à un meilleur environnement de recherche scientifique et un fort soutien du gouvernement, le programme a convaincu plus de 6 000 chercheurs de venir travailler en Chine.

À la fin de l’année 2009, Huang a atterri à l’aéroport international de Beijing avec son épouse. Il a commencé à travailler à l’Université du Jilin à Changchun, où plus de trente ans auparavant, il avait étudié la géophysique appliquée. La même année, la Chine a lancé son projet SinoProbe, dont l’objectif était d’installer des appareils photo de haute technologie sur des avions, des navires et des satellites, afin de voir à travers la croûte terrestre et de détecter la composition, la structure et les caractéristiques physiques de la lithosphère. Huang a été convié à assurer le poste de scientifique en chef d’une des branches du projet.

Avec tant de choses à faire en si peu de temps, Huang s'est plongé dans le travail. Il a passé des nuits à dormir dans son bureau. Ses collègues de l'Université du Jilin se souviennent que pour travailler encore plus efficacement, il était encore au bureau tard le soir et prenait des vols nocturnes à la dernière minute. Son chauffeur était devenu habitué à le conduire à l'aéroport à minuit. Le bâtiment où il travaillait était censé être complètement fermé à minuit, mais comme il partait toujours tard, le gardien de sécurité le suppliait d’essayer de partir à l’heure.

Beaucoup de ses collègues voyaient en lui un bourreau du travail, mais Huang préférait le terme de « fou du travail ». « La Chine a besoin de fous comme nous pour devenir un pays plus fort », déclarait-il. « Ce serait un honneur d’être un fou utile. » Un jour, parce que certaines formalités administratives n'avaient pas encore été soumises pour une structure de test de nouveaux drones, les inspecteurs de la ville ont considéréla structure comme illégale et ontfait venir des machines de démolition. Huang s’est allongé sur le sol pour bloquer le passage du bulldozer. Cependant, une telle « folie »,lorsqu'elle s'applique à la science, à la technologie et au devoir, est précisément ce qui lui a permis de révéler les secrets cachés sous terre.

 

Un scientifique stratégique

Après le décès de Huang, l'Université du Jilin l'a qualifié de « scientifique stratégique ». Bien que certains n'aient pas compris ce qualificatif, Liu Cai, doyen de l’Institutd’exploration géologique, considère que cela est parfaitement approprié.

« Un scientifique stratégique est défini par le fait que son travail est destiné à répondre aux besoins du pays ou par sa vision internationale, et par sa capacité àcréer des avancées qui aideront la patrie », explique Liu Cai. « C’est pourquoi je pense que Huang est hautement qualifié pour ce terme. »

En plus de son rôle de scientifique en chef d'une branche du projet SinoProbe, Huang a coordonné six sous-projets dans son domaine de recherche, sur un système de traitement et d'intégration de données d’une plate-forme mobile, un système de détection électromagnétique au sol, un système de détection aéromagnétique par drone, un sismographe sans câble en déplacement autonome, un outil de forage scientifique continental et des zones de démonstration pour les expériences de terrain.

Ces six projets de recherche sont interdisciplinaires, hautement intégrés et richesen données pour améliorer la productivité. « Les scientifiques stratégiques poussent la recherche à un niveau supérieur grâce à l'intégration », ajoute M. Liu. « Ils diffèrent des scientifiques qui se cantonnent à un domaine. »

L'Institut de recherche sur les sciences et la technologie des océans de l'Université du Jilin a été fondé par HuangDanian. Cui Junhong, actuelle responsable de l'institut, affirme que Huang a contribué à sa décision de retourner en Chine après un séjour aux États-Unis.

Ancienne étudiante de l'Université du Jilin, Cui s’est spécialisée dans l'informatique et a travaillé aux États-Unis pendant dix-huit ans. Elle est experte dans deux domaines, la technologie océaniqueintelligente (le réseau de communication acoustique sous-marine) et l'intégration de la production, de l'enseignement et de la recherche.

En 2014, lorsqu’elle a été invitée à donner une conférence à l'Université du Jilin, l’université l'a exhortée à retourner en Chine et à travailler pour l’établissement. « Cela est une bonne idée, mais mon domaine de recherche est l'océan », a-t-elle répondu.

« Comment puis-je mener des recherches sur les océans à Changchun, une ville sans littoral ? »

« Discutez-en avec le professeur Huang », a suggéré un administrateur.

« J'ai rapidement rencontré le professeur Huang et j'ai parlé avec lui tout au long de l'après-midi, puis nous avons dîné ensemble », se souvient-elle. Elle a alors décidé de retourner à l'université pour mener ses recherches océaniques. « Le professeur Huang m'a décrit son système colossal qui combinaitdes explorations de la croûte continentale profonde et de la mer profonde. Je me souviens encore vivement qu’il m’a dit ce jour-là que Changchun est une ville sans littoral, mais que nous pouvions accéder facilement à la mer. »

Avec l'aide considérable de Huang Danian, l'Institut de recherche sur les sciences et la technologie des océans a été rapidement mis en place. À l'heure actuelle, les travaux de préparation de l’Institut des sciences océaniques de l'Université du Jilin sont menés dans la ville côtière chinoise de Shenzhen. « Je pense que le professeur Huang n'a jamais manqué la moindre opportunité critique », estime Cui.

 

Un pionnier prêt à faire des sacrifices

Né en 1958 à Nanning, dans la province du Guangxi, HuangDanian a commencé à s’intéresserà la géophysique durant son enfance. Ses deux parents enseignaient dans un institut géologique et ont transmis leur passion à leur fils.

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, il est allé en Grande-Bretagne pour menerdes études approfondies en 1993. Il était l'un des trente étudiants parrainés par le gouvernement cette année-là. Pendant son séjour en Grande-Bretagne, il a combiné avec succès l'intégrité intellectuelle chinoise et la précision britannique. En 1996, il a obtenu son doctorat en géophysique après avoir réussi ses examens en tête de promotion. Il a ensuite rejoint la société britannique de services géophysiques ARKeX. Il était déjà chercheur avancé spécialiste de la haute résolution et de la géométrie en gravité marine, des connaissances principalement utilisées dans l'exploration des ressources en pétrole, gaz et minéraux dans les océans et sous terre.

Pendant son séjour en Grande-Bretagne, il est resté engagé pour sa patrie. Il a longtemps rêvé de revenir servir le pays avec tout son cœur, selon sa famille. Il prenait l’avion régulièrement pour retourner en Chine et participer à des activités académiques et à des ateliers liés à son domaine de recherche. Sa décision de rentrer en 2009 n'a donc pas été une grande surprise. Pour le géophysicien, ce n'était ni un choix aléatoire, ni une décision impulsive.

« Je pense que Huang a vu qu'il atteignait un plafond en Grande-Bretagne, alors qu’en revenant en Chine, il pourrait participer à de nouveaux défis et servir son pays », explique Gao Ping, qui l’a recruté dans le cadre du programme des talents internationaux. Il était clair que la Chine finançait des projets scientifiques de haute qualité et Huang voulait s'impliquer.

L'amour de Huang pour son pays a duré jusqu'à la fin. Pendant ses derniers jours, il a continué de répondre aux questions de ses élèves entre deux transfusions, a assigné des travaux et écrit des lettres de recommandation pour ses collègues.

« Dans l’idéal, je veux être un pionnier prêt à faire des sacrifices », a-t-il déclaré lors de la dernière interview de sa vie, le 5 décembre 2016. « J’ai déjà passé la cinquantaine. J'espère que je pourraicontribuer à rendre le travail scientifique plus facile pour les futures générations chinoises. »