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Le grand retour des travailleurs migrants

2017-08-11      Texte de Wang Shuya    

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    À Xingtai, dans la province du Hebei, Liu Bingguang et sa femme ont ouvert un magasin Taobao pour capitaliser sur l'engouement des achats en ligne.

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    Le 20 avril 2017, dans la province du Jiangxi, des travailleurs migrants de retour ont trouvé un emploi dans une entreprise d'éclairage écologique dans le parc industriel de Jing'an. Depuis quelques années, le comté a de nouvelles opportunités d'emploi pour les travailleurs migrants, ce qui leur permet de revenir près de chez eux.

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    Le 22 mai 2017, un couple qui travaillait autrefois au loin est revenu s'occuper de moutons. Ils sont retournés dans leur village natal de Maoshan, dans la province du Liaoning, pour créer une entreprise comprenant 1 500 moutons.

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Le Bureau national des statistiques de Chine vient de publier son rapport sur l'enquête de suivi des travailleurs migrants en 2016. Leur nombre atteindrait 281,71 millions dans l’ensemble du pays, soit une hausse annuelle de 1,5 %. Plus de 80 % des nouveaux migrants s’éloignent moins de leurs villes natales pour trouver du travail. De plus en plus d’entre eux trouvent un emploi à proximité. Quelles sont les évolutions en cours ?

 

Une gravité croissante

Guo Quan'an a quitté sa ville natale dans le comté de Renshou, dans la province du Sichuan, il y a près de vingt ans. Il avait alors dix-sept ans, et il rejoignait les gros effectifs de travailleurs migrants dans la province du Guangdong, où il est devenu expert en décoration intérieure. Récemment, il a eu envie de retourner dans sa région.

Son choix est réaliste : ces dernières années, sa ville natale a connu de grands progrès et de nouvelles opportunités commerciales se sont ouvertes. Il savait qu'il pourrait gagner au moins 4 000 yuans par mois. Il économiserait aussi le coût des allers et retours, passerait plus de temps avec sa famille et pourrait prendre soin de ses terres agricoles. « Au final, ce serait plus économique », a-t-il conclu.

Comme lui, beaucoup souhaitent revenir sur leurs terres d’origine. Selon le rapport, en 2016, la population de travailleurs migrants locaux atteint 112 millions et la tendance est à la hausse. « De plus en plus de travailleurs migrants choisissent de rentrer trouver un emploi et créer leur propre entreprise dans leur région », confirme le professeur Li Chang'an de la Faculté d'administration publique de l'Université de commerce international et d'économie. « Ceci est une tendance encourageante. »

Au fur et à mesure que la Chine transforme et modernise sa structure industrielle et fait monter en gamme ses industries régionales, les régions centrales et occidentales du pays connaissent une capacité accrue d'emploi pour les travailleurs migrants. Ces dernières années, en raison de la hausse des coûts du travail et des politiques adaptées, l'emploi s’est progressivement déplacé des zones côtières orientales vers les régions centrales et occidentales, où de nouveaux points de croissance se trouvent autour d’un grand vivier de main-d'œuvre. En 2016, par exemple, à Chongqing, autrefois lieu de départ de la main-d'œuvre, le nombre de travailleurs migrants qui ont choisi de travailler localement dépassait de près d'un million le nombre de personnes travaillant ailleurs, créant ainsi un important contre-courant.

En outre, le développement économique local et diverses politiques de soutien ont convaincu de nouveaux migrants de rentrer travailler ou créer des entreprises dans leur région. « Ces dernières années, le gouvernement central a lancé de nombreuses politiques pour les zones rurales, notamment en termes de fiscalité et de finances », explique le professeur Li. « On a également accéléré la construction d'infrastructures locales et mis en œuvre des politiques d’emploi pour lutter contre la pauvreté au lieu de simplement prévoir des subventions. Le gouvernement investit dans des projets d'infrastructure dans lesquels les agriculteurs pauvres contribuent à la construction contre un salaire, et lance des projets pour la réduction de la pauvreté qui créent des emplois. »

« Les autorités locales tentent de réduire la pauvreté en adaptant les mesures aux conditions locales », affirme Li Yongzhuang, directeur du Centre de recherche pour l'économie de vie à l'Université centrale des finances et de l'économie. « La population croissante de travailleurs migrants locaux témoigne de la solidité de l'économie locale, avec des opportunités croissantes pour les activités entrepreneuriales et l'emploi, et un retour au travail agricole. »

Il convient également de noter que l'âge moyen des travailleurs migrants a augmenté, dans la lignée des changements structurels de la population dans son ensemble. Ce groupe fait face à la pression de devoir s'occuper des générations plus âgées et des plus jeunes en même temps. Ils sont épuisés par le travail au loin et désirent un retour à leurs racines. Un autre facteur est que ces dernières années, l'écart de richesse entre les zones intérieures et les zones côtières a diminué, car le revenu moyen des agriculteurs a augmenté.

 

De nouvelles opportunités

Un déplacement de 112 millions de personnes, plus que la population de la plupart des pays, n’est pas sans conséquence. Quels changements accompagneront cette tendance ?

« C'est un virage après l'afflux vers les zones urbaines », commente Li Yongzhuang. « Une partie du groupe rentre naturellement, ce qui constitue une opportunité stratégique précieuse pour le développement économique local. »

« Ils peuvent servir de double moteur », ajoute M. Li. Lorsqu’ils sont partis de chez eux, ils ont vécu de leur force physique. Maintenant, ils reviennent avec des compétences et une expérience dans la gestion des affaires, des rêves et des idées de start-ups. Après une formation technique, ils vont sans aucun doute contribuer à accélérer le développement économique de leur ville natale en travaillant pour des entreprises locales ou en établissant leurs propres entreprises. Certains pourraient participer à la gouvernance des campagnes. Le progrès économique de ces localités va ensuite convaincre davantage de monde de rentrer.

Pendant un certain temps, les travailleurs migrants ont dû sacrifier tout un pan de leur vie pour aller gagner de l’argent ailleurs. Avec un retour aux origines, les problèmes liés à l’abandon d’enfants et aux personnes âgées seules pourraient se résoudre naturellement.

 

Comment les convaincre de rester ?

Gérer le retour de main-d’œuvre est un grand défi pour les gouvernements locaux, car leurs effectifs croissants mettent à l’épreuve les capacités des infrastructures et des services publics.

« Les autorités locales ont énormément de choses à gérer », note Li Yongzhuang.

Tout d'abord, il faut attirer des entreprises. Des efforts devraient être faits pour attirer les principales industries avec une série de politiques et de mesures visant à encourager l'emploi, ainsi que les start-ups. Ces mesures pourraient aussi soutenir et accélérer le commerce électronique et la logistique dans les zones rurales.

Deuxièmement, il faut lancer des campagnes ciblées pour la gestion et la formation du personnel. D'une manière générale, les travailleurs migrants ont une marge de croissance culturelle et intellectuelle. Les gouvernements locaux devraient créer des institutions spéciales ou confier à des institutions tierces une formation approfondie des travailleurs de tous âges pour les intégrer aux industries émergentes et à des professions rares, et leur éviter d'être éliminés du marché de l'emploi en raison de la modernisation industrielle et technologique.

Troisièmement, il convient d’établir des infrastructures telles que des salles de cinéma et des bibliothèques pour satisfaire aux besoins culturels de cette population. La promotion de bonnes habitudes et de modes de vie sains peut aider les travailleurs migrants à continuer de profiter des avantages des grandes villes après leur retour.

Quatrièmement, il faudra fournir une assurance sociale systémique et perfectionnée. Le retour des travailleurs migrants a créé un nouveau type de productivité locale, et toute considération familiale qui pourrait retarder le retour devrait être abordée. Avec cinq types d'assurance sociale et un fonds de logement, les gouvernements locaux devraient élaborer plus de méthodes d'aide et adopter leurs politiques préférentielles pour résoudre les problèmes dans l'éducation, les soins de santé et les soins aux personnes âgées.

 

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Le grand retour des travailleurs migrants

2017-08-11      Texte de Wang Shuya

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    À Xingtai, dans la province du Hebei, Liu Bingguang et sa femme ont ouvert un magasin Taobao pour capitaliser sur l'engouement des achats en ligne.

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    Le 20 avril 2017, dans la province du Jiangxi, des travailleurs migrants de retour ont trouvé un emploi dans une entreprise d'éclairage écologique dans le parc industriel de Jing'an. Depuis quelques années, le comté a de nouvelles opportunités d'emploi pour les travailleurs migrants, ce qui leur permet de revenir près de chez eux.

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    Le 22 mai 2017, un couple qui travaillait autrefois au loin est revenu s'occuper de moutons. Ils sont retournés dans leur village natal de Maoshan, dans la province du Liaoning, pour créer une entreprise comprenant 1 500 moutons.

Le Bureau national des statistiques de Chine vient de publier son rapport sur l'enquête de suivi des travailleurs migrants en 2016. Leur nombre atteindrait 281,71 millions dans l’ensemble du pays, soit une hausse annuelle de 1,5 %. Plus de 80 % des nouveaux migrants s’éloignent moins de leurs villes natales pour trouver du travail. De plus en plus d’entre eux trouvent un emploi à proximité. Quelles sont les évolutions en cours ?

 

Une gravité croissante

Guo Quan'an a quitté sa ville natale dans le comté de Renshou, dans la province du Sichuan, il y a près de vingt ans. Il avait alors dix-sept ans, et il rejoignait les gros effectifs de travailleurs migrants dans la province du Guangdong, où il est devenu expert en décoration intérieure. Récemment, il a eu envie de retourner dans sa région.

Son choix est réaliste : ces dernières années, sa ville natale a connu de grands progrès et de nouvelles opportunités commerciales se sont ouvertes. Il savait qu'il pourrait gagner au moins 4 000 yuans par mois. Il économiserait aussi le coût des allers et retours, passerait plus de temps avec sa famille et pourrait prendre soin de ses terres agricoles. « Au final, ce serait plus économique », a-t-il conclu.

Comme lui, beaucoup souhaitent revenir sur leurs terres d’origine. Selon le rapport, en 2016, la population de travailleurs migrants locaux atteint 112 millions et la tendance est à la hausse. « De plus en plus de travailleurs migrants choisissent de rentrer trouver un emploi et créer leur propre entreprise dans leur région », confirme le professeur Li Chang'an de la Faculté d'administration publique de l'Université de commerce international et d'économie. « Ceci est une tendance encourageante. »

Au fur et à mesure que la Chine transforme et modernise sa structure industrielle et fait monter en gamme ses industries régionales, les régions centrales et occidentales du pays connaissent une capacité accrue d'emploi pour les travailleurs migrants. Ces dernières années, en raison de la hausse des coûts du travail et des politiques adaptées, l'emploi s’est progressivement déplacé des zones côtières orientales vers les régions centrales et occidentales, où de nouveaux points de croissance se trouvent autour d’un grand vivier de main-d'œuvre. En 2016, par exemple, à Chongqing, autrefois lieu de départ de la main-d'œuvre, le nombre de travailleurs migrants qui ont choisi de travailler localement dépassait de près d'un million le nombre de personnes travaillant ailleurs, créant ainsi un important contre-courant.

En outre, le développement économique local et diverses politiques de soutien ont convaincu de nouveaux migrants de rentrer travailler ou créer des entreprises dans leur région. « Ces dernières années, le gouvernement central a lancé de nombreuses politiques pour les zones rurales, notamment en termes de fiscalité et de finances », explique le professeur Li. « On a également accéléré la construction d'infrastructures locales et mis en œuvre des politiques d’emploi pour lutter contre la pauvreté au lieu de simplement prévoir des subventions. Le gouvernement investit dans des projets d'infrastructure dans lesquels les agriculteurs pauvres contribuent à la construction contre un salaire, et lance des projets pour la réduction de la pauvreté qui créent des emplois. »

« Les autorités locales tentent de réduire la pauvreté en adaptant les mesures aux conditions locales », affirme Li Yongzhuang, directeur du Centre de recherche pour l'économie de vie à l'Université centrale des finances et de l'économie. « La population croissante de travailleurs migrants locaux témoigne de la solidité de l'économie locale, avec des opportunités croissantes pour les activités entrepreneuriales et l'emploi, et un retour au travail agricole. »

Il convient également de noter que l'âge moyen des travailleurs migrants a augmenté, dans la lignée des changements structurels de la population dans son ensemble. Ce groupe fait face à la pression de devoir s'occuper des générations plus âgées et des plus jeunes en même temps. Ils sont épuisés par le travail au loin et désirent un retour à leurs racines. Un autre facteur est que ces dernières années, l'écart de richesse entre les zones intérieures et les zones côtières a diminué, car le revenu moyen des agriculteurs a augmenté.

 

De nouvelles opportunités

Un déplacement de 112 millions de personnes, plus que la population de la plupart des pays, n’est pas sans conséquence. Quels changements accompagneront cette tendance ?

« C'est un virage après l'afflux vers les zones urbaines », commente Li Yongzhuang. « Une partie du groupe rentre naturellement, ce qui constitue une opportunité stratégique précieuse pour le développement économique local. »

« Ils peuvent servir de double moteur », ajoute M. Li. Lorsqu’ils sont partis de chez eux, ils ont vécu de leur force physique. Maintenant, ils reviennent avec des compétences et une expérience dans la gestion des affaires, des rêves et des idées de start-ups. Après une formation technique, ils vont sans aucun doute contribuer à accélérer le développement économique de leur ville natale en travaillant pour des entreprises locales ou en établissant leurs propres entreprises. Certains pourraient participer à la gouvernance des campagnes. Le progrès économique de ces localités va ensuite convaincre davantage de monde de rentrer.

Pendant un certain temps, les travailleurs migrants ont dû sacrifier tout un pan de leur vie pour aller gagner de l’argent ailleurs. Avec un retour aux origines, les problèmes liés à l’abandon d’enfants et aux personnes âgées seules pourraient se résoudre naturellement.

 

Comment les convaincre de rester ?

Gérer le retour de main-d’œuvre est un grand défi pour les gouvernements locaux, car leurs effectifs croissants mettent à l’épreuve les capacités des infrastructures et des services publics.

« Les autorités locales ont énormément de choses à gérer », note Li Yongzhuang.

Tout d'abord, il faut attirer des entreprises. Des efforts devraient être faits pour attirer les principales industries avec une série de politiques et de mesures visant à encourager l'emploi, ainsi que les start-ups. Ces mesures pourraient aussi soutenir et accélérer le commerce électronique et la logistique dans les zones rurales.

Deuxièmement, il faut lancer des campagnes ciblées pour la gestion et la formation du personnel. D'une manière générale, les travailleurs migrants ont une marge de croissance culturelle et intellectuelle. Les gouvernements locaux devraient créer des institutions spéciales ou confier à des institutions tierces une formation approfondie des travailleurs de tous âges pour les intégrer aux industries émergentes et à des professions rares, et leur éviter d'être éliminés du marché de l'emploi en raison de la modernisation industrielle et technologique.

Troisièmement, il convient d’établir des infrastructures telles que des salles de cinéma et des bibliothèques pour satisfaire aux besoins culturels de cette population. La promotion de bonnes habitudes et de modes de vie sains peut aider les travailleurs migrants à continuer de profiter des avantages des grandes villes après leur retour.

Quatrièmement, il faudra fournir une assurance sociale systémique et perfectionnée. Le retour des travailleurs migrants a créé un nouveau type de productivité locale, et toute considération familiale qui pourrait retarder le retour devrait être abordée. Avec cinq types d'assurance sociale et un fonds de logement, les gouvernements locaux devraient élaborer plus de méthodes d'aide et adopter leurs politiques préférentielles pour résoudre les problèmes dans l'éducation, les soins de santé et les soins aux personnes âgées.