Aktuelle Position : Zuhause >> Société >> Text

Vers des droits égaux pour les locataires et les propriétaires?

2017-12-14      Texte de Zhang Xue    

  • VCG11445891093.jpg

  • pbu543728_18.jpg

  • pbu674936_07.jpg

  • VCG111116352357.jpg

< >

  La « semaine d'or » de la Fête nationale en octobre dernier a marqué un creux sans précédent sur le marché immobilier chinois. Au moins dix-neuf grandes villes ont connu en moyenne 51,4 % de moins de ventes quotidiennes qu’en octobre 2016. Dans les villes de premier rang, cette baisse a été de 70 %, un contraste inquiétant avec l’année dernière.

  Depuis 2016, les villes chinoises de premier et deuxième rang connaissaient une nouvelle phase de croissance rapide des prix des logements, couplée à une importante spéculation des investisseurs, et les prix dans certaines villes de premier rang ont presque doublé en un an. En réaction à cette forte hausse, les autorités de nombreuses villes chinoises ont mis en œuvre des mesures telles que des restrictions à l’achat et la vente et une augmentation du seuil de caution. Depuis la mi-juillet 2017, Beijing, Guangzhou, Wuxi et Zhengzhou ont lancé des politiques visant à élargir les droits des locataires. En seulement deux mois, le sujet est devenu très discuté dans les grandes villes.

L’adaptation des règles de la carte scolaire

  En mars, lors d'une conférence de presse tenue par le Bureau d'information du Conseil d'Etat, un haut fonctionnaire du ministère du Logement et du Développement urbain et rural a proposé d'accorder progressivement aux locataires des droits égaux à ceux des propriétaires en termes de services publics fondamentaux.

  À la mi-juillet, le gouvernement municipal de Guangzhou, capitale de la province du Guangdong, a été le premier à adopter un plan d'action pour accélérer le développement du marché locatif avec l'idée d'« offrir aux enfants des locataires correspondant aux critères un accès égal aux services publics, notamment pour l’inscription de leurs enfants dans les écoles du voisinage ». Guangzhou est à l'avant-garde de la réforme et de l'ouverture de la Chine depuis des décennies, et son rôle de leader dans ce domaine n’est pas surprenant.

  « Lorsque la nouvelle a été annoncée, les propriétaires de notre communauté sont devenus fous », affirme Guo Leilei, une propriétaire de 38 ans qui venait d'emménager un appartement dans une zone résidentielle construite dans les années 1990. Il y a un an, elle a acheté un appartement de deux chambres à plus de 40 000 yuans (environ 6 030 dollars) le mètre carré. Ce taux est plus élevé de près de 10 000 yuans (environ 1 507 dollars) le mètre carré que les logements en même état du quartier. Elle a choisi cette communauté principalement pour la carte scolaire, afin que son fils de six ans soit admis dans l'une des meilleures écoles primaires de la province.

  « J'aurais simplement loué si j'avais su que de telles politiques allaient être adoptées. J'ai vendu un logement plus spacieux pour venir ici », se plaint-elle. Elle a cependant vite découvert que ces soi-disant droits égaux pour les locataires et les propriétaires n'étaient pas aussi simples que cela puisse paraître.

  L’admission des enfants des locataires dans les écoles du voisinage n'est pas automatique. Selon les règles, un contrat de location est une preuve valide de résidence, qui peut en effet être utilisée en vue de l’admission d’un enfant dans une école locale. Il faut également remplir d'autres conditions : l'un des parents doit être un résident local permanent ou détenir une carte verte de professionnel qualifié. En outre, le nombre de places vacantes est limité ; les élèves sont soumis à un « dispositif global » en fonction de la situation sur place, de sorte qu'il peut être très difficile d'inscrire un enfant dans une école prestigieuse.

  « À ce stade, il n'est pas tout à fait réaliste d'atteindre l'objectif d'accorder des droits égaux aux locataires et aux propriétaires, en raison du fort afflux démographique vers les zones urbaines », explique Ren Xingzhou, chercheur à l'Institut d'économie de marché du Centre de recherche sur le développement du Conseil d'Etat. « La plus grande difficulté est l'offre insuffisante de ressources publiques de qualité, en particulier la pénurie apparente de ressources éducatives dans de nombreuses communautés. »

La recherche de professionnels qualifiés dans les grandes villes

  En tant que villes chinoises de premier rang, Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen ont attiré les meilleures ressources du pays, ce qui explique en grande partie la flambée des prix de l'immobilier dans ces villes, rendant difficile l'installation de nombreux jeunes diplômés.

  « Ces dernières années, la flambée des prix des logements dans les villes de premier rang a poussé beaucoup de mes meilleurs diplômés à choisir des emplois dans les villes de deuxième et troisième rang, parce qu'ils ne pouvaient guère se loger », explique le professeur Cai Nian de l'Université de technologie du Guangdong. « L'objectif de la politique d’accès aux droits égaux pour les locataires et les propriétaires dans les grandes métropoles est de retenir les jeunes talents. »

  Cette année, des villes de premier et deuxième rang, notamment Wuhan, Changsha, Chengdu, Xi'an, Jinan, Nanjing, Hangzhou, Zhengzhou, Qingdao, Xiamen, Tianjin et Chongqing, ont promulgué des règles et des politiques détaillées pour garantir l'égalité d'accès des locataires aux services publics. « L'intégration de ces droits et les politiques d'enregistrement des ménages reflète la concurrence des villes pour attirer les talents, en particulier dans les grandes métropoles », note Zhang Hongwei, directeur de la société de conseil en immobilier Tospur à Shanghai. « L'un des objectifs de ces politiques est de retenir les talents dans une ville pour l'aider à mieux fonctionner. »

  Avant la mise en œuvre de telles mesures, les villes de premier et deuxième rang telles que Beijing, Shanghai et Shenzhen fournissaient des appartements aux jeunes talents en réponse aux difficultés de ceux-ci pour se loger.

  Les autorités municipales de Shanghai, par exemple, ont fourni des appartements spécialement conçus pour les talents dans les domaines d’innovation scientifique âgés de 20 à 40 ans. Cette politique concerne les jeunes diplômés, les professionnels des hautes technologies, les personnalités scientifiques et technologiques et les créateurs de start-ups, qui sont vus comme les moteurs du progrès scientifique et technologique et de la croissance des villes. Le gouvernement cherche à répondre à leurs besoins de logement, qui représentent un élément majeur de leurs conditions de vie. La mise en œuvre de l'égalité d'accès aux services publics protègera mieux les intérêts des locataires.

Acheter ou louer ?

  Le 30 août, Hangzhou, choisie parmi les douze villes pilotes de la réforme du marché locatif, a officiellement lancé une nouvelle politique qui prévoit que pour les trois prochaines années, les logements destinés à la location représenteront 30 % de tous les nouveaux logements, et les sociétés de location seront subventionnées et soutenues par le gouvernement. On peut s’attendre à ce que de plus en plus de logements locatifs arrivent sur le marché dans le cadre de ces politiques. En 2017, la flambée des prix a été freinée grâce à une série de mesures visant à limiter les transactions immobilières, avec une augmentation du seuil d’apport, de la disponibilité de logements et un encouragement à la location. Cette victoire a été en grande partie attribuée à la mise en œuvre de la politique d’égalité des droits en raison de sa vision à long terme. Serait-il toujours souhaitable d’acheter après la mise en œuvre de cette politique ? La réponse est toujours oui.

  Depuis l’Antiquité, les Chinois croient fermement qu'une famille ne peut pas mener une vie heureuse sans avoir sa propre maison. Tout le monde préfère acheter si cela est possible.

  « Il est impossible de faire en sorte que tout soit égal à 100 %, surtout si l'on considère la qualité limitée des ressources éducatives », commente Zhang Hongwei. « Pourtant, la location apporte rarement un sentiment d'appartenance, un sentiment d’enracinement dans une communauté. »

 

<

>

Vers des droits égaux pour les locataires et les propriétaires?

2017-12-14      Texte de Zhang Xue

  • VCG11445891093.jpg

  • pbu543728_18.jpg

  • pbu674936_07.jpg

  • VCG111116352357.jpg

  La « semaine d'or » de la Fête nationale en octobre dernier a marqué un creux sans précédent sur le marché immobilier chinois. Au moins dix-neuf grandes villes ont connu en moyenne 51,4 % de moins de ventes quotidiennes qu’en octobre 2016. Dans les villes de premier rang, cette baisse a été de 70 %, un contraste inquiétant avec l’année dernière.

  Depuis 2016, les villes chinoises de premier et deuxième rang connaissaient une nouvelle phase de croissance rapide des prix des logements, couplée à une importante spéculation des investisseurs, et les prix dans certaines villes de premier rang ont presque doublé en un an. En réaction à cette forte hausse, les autorités de nombreuses villes chinoises ont mis en œuvre des mesures telles que des restrictions à l’achat et la vente et une augmentation du seuil de caution. Depuis la mi-juillet 2017, Beijing, Guangzhou, Wuxi et Zhengzhou ont lancé des politiques visant à élargir les droits des locataires. En seulement deux mois, le sujet est devenu très discuté dans les grandes villes.

L’adaptation des règles de la carte scolaire

  En mars, lors d'une conférence de presse tenue par le Bureau d'information du Conseil d'Etat, un haut fonctionnaire du ministère du Logement et du Développement urbain et rural a proposé d'accorder progressivement aux locataires des droits égaux à ceux des propriétaires en termes de services publics fondamentaux.

  À la mi-juillet, le gouvernement municipal de Guangzhou, capitale de la province du Guangdong, a été le premier à adopter un plan d'action pour accélérer le développement du marché locatif avec l'idée d'« offrir aux enfants des locataires correspondant aux critères un accès égal aux services publics, notamment pour l’inscription de leurs enfants dans les écoles du voisinage ». Guangzhou est à l'avant-garde de la réforme et de l'ouverture de la Chine depuis des décennies, et son rôle de leader dans ce domaine n’est pas surprenant.

  « Lorsque la nouvelle a été annoncée, les propriétaires de notre communauté sont devenus fous », affirme Guo Leilei, une propriétaire de 38 ans qui venait d'emménager un appartement dans une zone résidentielle construite dans les années 1990. Il y a un an, elle a acheté un appartement de deux chambres à plus de 40 000 yuans (environ 6 030 dollars) le mètre carré. Ce taux est plus élevé de près de 10 000 yuans (environ 1 507 dollars) le mètre carré que les logements en même état du quartier. Elle a choisi cette communauté principalement pour la carte scolaire, afin que son fils de six ans soit admis dans l'une des meilleures écoles primaires de la province.

  « J'aurais simplement loué si j'avais su que de telles politiques allaient être adoptées. J'ai vendu un logement plus spacieux pour venir ici », se plaint-elle. Elle a cependant vite découvert que ces soi-disant droits égaux pour les locataires et les propriétaires n'étaient pas aussi simples que cela puisse paraître.

  L’admission des enfants des locataires dans les écoles du voisinage n'est pas automatique. Selon les règles, un contrat de location est une preuve valide de résidence, qui peut en effet être utilisée en vue de l’admission d’un enfant dans une école locale. Il faut également remplir d'autres conditions : l'un des parents doit être un résident local permanent ou détenir une carte verte de professionnel qualifié. En outre, le nombre de places vacantes est limité ; les élèves sont soumis à un « dispositif global » en fonction de la situation sur place, de sorte qu'il peut être très difficile d'inscrire un enfant dans une école prestigieuse.

  « À ce stade, il n'est pas tout à fait réaliste d'atteindre l'objectif d'accorder des droits égaux aux locataires et aux propriétaires, en raison du fort afflux démographique vers les zones urbaines », explique Ren Xingzhou, chercheur à l'Institut d'économie de marché du Centre de recherche sur le développement du Conseil d'Etat. « La plus grande difficulté est l'offre insuffisante de ressources publiques de qualité, en particulier la pénurie apparente de ressources éducatives dans de nombreuses communautés. »

La recherche de professionnels qualifiés dans les grandes villes

  En tant que villes chinoises de premier rang, Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen ont attiré les meilleures ressources du pays, ce qui explique en grande partie la flambée des prix de l'immobilier dans ces villes, rendant difficile l'installation de nombreux jeunes diplômés.

  « Ces dernières années, la flambée des prix des logements dans les villes de premier rang a poussé beaucoup de mes meilleurs diplômés à choisir des emplois dans les villes de deuxième et troisième rang, parce qu'ils ne pouvaient guère se loger », explique le professeur Cai Nian de l'Université de technologie du Guangdong. « L'objectif de la politique d’accès aux droits égaux pour les locataires et les propriétaires dans les grandes métropoles est de retenir les jeunes talents. »

  Cette année, des villes de premier et deuxième rang, notamment Wuhan, Changsha, Chengdu, Xi'an, Jinan, Nanjing, Hangzhou, Zhengzhou, Qingdao, Xiamen, Tianjin et Chongqing, ont promulgué des règles et des politiques détaillées pour garantir l'égalité d'accès des locataires aux services publics. « L'intégration de ces droits et les politiques d'enregistrement des ménages reflète la concurrence des villes pour attirer les talents, en particulier dans les grandes métropoles », note Zhang Hongwei, directeur de la société de conseil en immobilier Tospur à Shanghai. « L'un des objectifs de ces politiques est de retenir les talents dans une ville pour l'aider à mieux fonctionner. »

  Avant la mise en œuvre de telles mesures, les villes de premier et deuxième rang telles que Beijing, Shanghai et Shenzhen fournissaient des appartements aux jeunes talents en réponse aux difficultés de ceux-ci pour se loger.

  Les autorités municipales de Shanghai, par exemple, ont fourni des appartements spécialement conçus pour les talents dans les domaines d’innovation scientifique âgés de 20 à 40 ans. Cette politique concerne les jeunes diplômés, les professionnels des hautes technologies, les personnalités scientifiques et technologiques et les créateurs de start-ups, qui sont vus comme les moteurs du progrès scientifique et technologique et de la croissance des villes. Le gouvernement cherche à répondre à leurs besoins de logement, qui représentent un élément majeur de leurs conditions de vie. La mise en œuvre de l'égalité d'accès aux services publics protègera mieux les intérêts des locataires.

Acheter ou louer ?

  Le 30 août, Hangzhou, choisie parmi les douze villes pilotes de la réforme du marché locatif, a officiellement lancé une nouvelle politique qui prévoit que pour les trois prochaines années, les logements destinés à la location représenteront 30 % de tous les nouveaux logements, et les sociétés de location seront subventionnées et soutenues par le gouvernement. On peut s’attendre à ce que de plus en plus de logements locatifs arrivent sur le marché dans le cadre de ces politiques. En 2017, la flambée des prix a été freinée grâce à une série de mesures visant à limiter les transactions immobilières, avec une augmentation du seuil d’apport, de la disponibilité de logements et un encouragement à la location. Cette victoire a été en grande partie attribuée à la mise en œuvre de la politique d’égalité des droits en raison de sa vision à long terme. Serait-il toujours souhaitable d’acheter après la mise en œuvre de cette politique ? La réponse est toujours oui.

  Depuis l’Antiquité, les Chinois croient fermement qu'une famille ne peut pas mener une vie heureuse sans avoir sa propre maison. Tout le monde préfère acheter si cela est possible.

  « Il est impossible de faire en sorte que tout soit égal à 100 %, surtout si l'on considère la qualité limitée des ressources éducatives », commente Zhang Hongwei. « Pourtant, la location apporte rarement un sentiment d'appartenance, un sentiment d’enracinement dans une communauté. »