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La protection des tortues à Sansha

2017-03-14      Texte et photographies de Jia Daitengfei

 

« Xisha, Nansha et Zhongsha sont chez moi depuis l'Antiquité. Mon grand-père y a cherché des perles et des coquillages, mon père y a attrapé des poissons et des crevettes », dit une comptine populaire chantée par les enfants qui vivent sur la côte de la mer de Chine méridionale, rappelant la relation étroite entre les locaux et la mer. 

« San » signifie « trois » en chinois. Le 24 juillet 2012, la ville de Sansha a été établie dans la province de Hainan, et est ainsi devenue la ville la plus méridionale du pays avec la plus grande zone maritime et la plus petite superficie. Malgré sa faible population, depuis des générations, les résidents locaux ont fait des efforts inlassables pour garder la mer et le ciel bleus.

 

 

 

 

La protection des tortues de mer

Dans l'après-midi du 25 juillet 2016, Fu Yongbo, qui travaille pour un centre de protection des tortues de mer sur l’archipel Qilianyu (« Sept îlots liés ») à Sansha, patrouillait la plage de l'île Nord comme à son habitude. Soudain, il ralentit et baisse la voix en voyant une tortue de mer d'un mètre de long en train de pondre sur la plage à quelques mètres de là.

Les tortues vertes pondent et enterrent leurs œufs sur les plages de la région entre avril et octobre. Les îles Xisha sont l'un des rares endroits en Chine où les tortues de mer nichent et se reproduisent. Les mères arrivent avec la marée de nuit et creusent des trous dans lesquels elles pondent des œufs de la taille de balles de ping-pong. Elles entourent même le nid de trous vides pour dérouter les prédateurs.

 

 

 

 

« En général, elles ne prennent pas le risque de pondre avant la nuit », explique Fu. « Mais cette tortue pond cette fois en plein jour, peut-être parce qu'un typhon va arriver. » Une tortue de mer pond en moyenne de 70 à 80 œufs cinq fois par an. Les statistiques montrent que seulement un œuf sur cent survit jusqu’à l’âge adulte, et il faut vingt ans pour que les tortues vertes atteignent leur maturité.

 Après environ deux heures, la tortue retourne vers la mer. Le sable commence à s’animer dans un autre nid à environ 50 mètres de son lieu de ponte, et les tortues naissantes surgissent l'une après l'autre du sable. Lorsqu’elles sont toutes parties, Fu commence à marquer sur des assiettes le nombre d’œufs et l’heure. « C'est une façon de garantir que chaque groupe est enregistré avec l'heure exacte de naissance. »

 

 

 

 

La protection des tortues est une mission importante de la population locale depuis deux décennies. Dans les années 1990, le gouvernement chinois a placé la tortue de mer sous une protection d'État de classe II. De nombreux pêcheurs se sont joints à l'équipe de patrouille quotidienne en mer, et le gouvernement local a établi des postes de protection des tortues. Durant les patrouilles, ils ont inspecté les îles voisines pour deux raisons : déplacer les œufs vers un endroit sûr s'ils sont immergés dans l'eau et les protéger du vol.

De plus, les locaux accordent désormais une grande attention au milieu de vie des tortues de mer et comprennent le plan de long terme qui vise à protéger ces animaux. « Les tortues ont pour habitude de retourner à l'endroit où elles sont nées pour faire leur nid et se reproduire quand elles sont adultes », notent certains. « Il est extrêmement important que nous protégions bien nos plages. »

 

 

 

 

Des arbres pour l’ombre

Un manque d'eau douce a entraîné une raréfaction de la végétation sur de nombreux îlots à Sansha. Certains se sont développés dans des endroits stériles couverts de sable blanc et de coraux émiettés. L'environnement ne fait que s'aggraver avec des typhons continus et l'érosion des vagues océaniques. Le meilleur exemple de cette détérioration est Xishazhou, ou le banc de l’Ouest.

Il faut une heure de bateau de l'île de Yongxing, siège du gouvernement municipal de Sansha, pour se rendre à Xishazhou. Jusqu’à récemment, Xishazhou était une zone inhabitée en raison de son environnement rude. Depuis la fondation de la ville, les habitants de Sansha ont lancé une mission de long terme de plantation d’arbres et de campagnes de protection écologique.

 

 

 

 

Le pêcheur Liang Changjian de l'île de Zhaoshu a été parmi les premiers à y planter des arbres. Sa maison se trouve à seulement quelques milles nautiques de Xishazhou. En 2008, son groupe a planté quelques Casuarinas. « Le manque d'eau douce était le plus grand problème pour la survie des arbres », dit-il. Les résidents se sont relayés pour fournir de l'eau fraîche aux arbres. Aujourd'hui, ils mesurent plus de deux mètres.

 

 

 

 

Néanmoins, une petite forêt ne saurait sauver tout Xishazhou. Pour appuyer cet effort, le gouvernement municipal a lancé un projet vert visant à améliorer les capacités d'abreuvement, en établissant un système de dessalement de l'eau, la collecte des eaux de pluie et des pompes à eau, ainsi que du personnel d'entretien spécial. Les participants qui veulent planter plus d'arbres emmènent maintenant de la terre, du son de coco, de l’engrais et du sable de corail de l'île de Hainan.

Aujourd'hui, 99 % des jeunes arbres plantés sur Xishazhou survivent. Les cocotiers, les Casuarinas et les Ceodes grandis bordent le rivage, et leurs feuilles se balancent sous la brise de la mer de Chine méridionale.

 

 

 

 

Un équilibre entre pêche et environnement

Sous les dynasties Ming et Qing (1368-1911), les pêcheurs de Hainan ont documenté les itinéraires de navigation maritime, qui ont été recueillis dans le document Routes de la mer de Chine méridionale, avec des détails comme les noms, emplacements précis et itinéraires des récifs de Xisha, Nansha et Zhongsha. À cette époque, les pêcheurs pratiquaient une pêche intensive dans les eaux autour des îles de Xisha et Nansha.

Même aujourd'hui, les pêcheurs de Sansha continuent à gagner leur vie en utilisant des méthodes transmises au fil des générations en pêchant dans la vaste mer de Chine méridionale. Les grandes étendues de récifs coralliens autour de Qilianyu abritent des espèces précieuses de poissons, de crabes et de coquillages. Souvent, lorsque des bancs de poissons approchent des récifs à marée haute, beaucoup sont piégés, ce qui les rend faciles à capturer lorsque l'eau repart.

 

 

 

 

Les pêcheurs de l'île de Zhaoshu préfèrent pêcher quand il fait nuit. Ils plongent à 20 ou 30 mètres sous l'eau avec un réservoir d'oxygène et une lampe torche à la recherche de poissons dormant dans les coraux.

Cependant, la plongée tard dans la nuit est difficile. Une autre méthode a été mise au point pour les plus âgés et les pêcheurs en moins grande forme physique. Ils utilisent des tubas pour attraper de plus petits poissons, prendre ceux qui n’ont pas été capturés dans les grandes prises et ramasser des coquillages.

 

 

 

 

Aujourd'hui, les méthodes traditionnelles de pêche font face à de grands défis en raison des moyens modernes. Pour améliorer la situation, le gouvernement municipal de Sansha encourage les pêcheurs à considérer les industries de service et d'élevage. « Faire un meilleur usage de la mer avec de nouvelles méthodes » est un nouvel objectif des habitants de Sansha.

Journaliste du quotidien Yangtze River Daily, l'auteur a remporté le prix de l’Objectif d’or de People's Photography et le prix d’or du Concours international de photographie de presse de Chine.

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