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Sanjiangyuan, source de vie

2017-03-14      

 

Étendue sur 395 000 kilomètres carrés, la réserve naturelle nationale de Sanjiangyuan, dont le nom signifie « Source de trois fleuves », abrite les sources du Yangtsé, du fleuve Jaune et du Lancang. Avec ses nombreux lacs, marécages et glaciers, elle est une source vitale d’eau douce pour la Chine et est surnommée « la tour d’eau » du pays. Sa faune et sa flore diverses en haute altitude rendent la région particulièrement vulnérable au changement climatique et en alerte sur l’écologie de l’Asie, voire du monde.

À la fin du XXe siècle, en raison du changement climatique et de l’activité humaine, Sanjiangyuan a souffert d’une grave destruction environnementale. Pour restaurer l’écosystème de la région, une réserve naturelle sous protection nationale a été établie en l’an 2000. Depuis 2005, le gouvernement chinois applique une campagne de protection de la région. Avec l’achèvement de la première et de la deuxième phase de cette campagne, la situation est déjà bien meilleure.

 

 

Une réparation écologique

« Depuis quelques années, lorsque nous allons à la campagne, nous voyons souvent des ânes sauvages du Tibet, des antilopes, des loups et même des ours bruns », affirme Gezha, chef du bourg de Shanglaxiu dans la préfecture autonome tibétaine de Yushu, dans la province du Qinghai. « Parfois, les animaux courent même derrière notre voiture. »

Selon les statistiques de 2015 publiées par le Bureau de la campagne de protection de Sanjiangyuan, dans la préfecture de Yushu, le nombre d’espèces aviaires est passé de 31 à 61. La population de grues à col noir est passée de 20 à 200, celle des oies à tête barrée de 800 à plus de 10 000, et celle des antilopes tibétaines, surnommées « les esprits du plateau », de 20 000 à 70 000. Même certaines des espèces les plus menacées du plateau Qinghai-Tibet, comme le léopard des neiges et l’ours brun, sont parfois observées dans les villages locaux.

 

 

À la fin de la première phase de la campagne, l’Académie chinoise des sciences (CAS) a évalué le travail mené. Elle a estimé que la détérioration écologique dans la réserve avait été atténuée, que la capacité écologique s’était améliorée et que la situation des zones prioritaires présentait une amélioration considérable.

Après une décennie de protection, le volume d’eau à Sanjiangyuan a été évalué à 8 000 milliards de mètres cubes, soit 560 fois celui du lac de l’Ouest à Hangzhou. Près d’un millier de lacs asséchés ont repris vie et resplendissent à nouveau sur le plateau.

 

 

Par rapport à 2004, la région produit 30 % plus d’herbe. L’étendue des prairies a augmenté de 11,6 %, la couverture forestière est passée de 3,2 % à 4,8 %, et la conservation des sols atteint 723 millions de tonnes, contre 546 millions auparavant.La dégradation des prairies a été considérablement réduite. En particulier, les terres noires de la région de Dawu dans la préfecture autonome tibétaine de Golok et dans la région de Batang à Yushu sont sous contrôle, et le taux de couverture végétale dans les deux zones dépasse 80 %.

 

 

 

Les défis du changement climatique

La glace est la première à savoir que les températures augmentent. 85 à 90 % des glaciers du plateau du Qinghai-Tibet, surnommé le « troisième pôle » du monde, sont en train de fondre. Le professeur Lai Yuanming de l'Institut de recherche sur l’environnement et l’ingénierie dans les régions froides et arides, relevant de la CAS, explique que Sanjiangyuan est une zone spéciale et est facilement affectée par les changements naturels. Le changement climatique pose depuis plusieurs années un défi de taille à la région.

Les recherches effectuées par l'Institut d'hydrogéologie et d'ingénierie géologique de la province du Qinghai montrent que le réchauffement climatique a provoqué la disparition de glaciers, le dégel de la toundra et l’assèchement partiel des marais et des zones humides à Sanjiangyuan. À court terme, le niveau d'eau des rivières et des lacs augmente, mais à long terme, l'aménagement des masses d'eau de Sanjiangyuan changera et les ressources en eau se tariront, ce qui entraînera la désertification et la mort de rivières intérieures.

 

 

En 2011, le gouvernement provincial du Qinghai a interditl'élevage sur les prairies modérément ou gravement détériorées. « L'herbe n'a pas poussé aussi bien que nous l’espérions », a déclaré Wang Xiaofa, directeur du Bureau de l'agriculture et de l'élevage de la province. « Nous devons reconsidérer cette mesure. »

« Lorsque les vaches et les moutons broutent, cela stimule la croissance de l’herbe », explique le chercheur Wu Yuhu de l’Institut du nord-ouest de biologie du plateau, relevant de la CAS. « Le pâturage est nécessaire à l'herbe. Si l'herbe de l'année précédente n'a pas été consommée, il est difficile pour l'herbe nouvelle de croître, parce qu'elle est recouverte, elle ne reçoit pas la lumière du soleil et elle pourrit après la pluie. Un pâturage modéré aide la plante à s'épanouir et les excréments des animaux enrichissent le sol. »

 

 

2,3 millions d'animaux sont élevés dans la préfecture autonome tibétaine de Yushu. Théoriquement, les prairies ne sont pas surchargées. Les problèmes écologiques ne peuvent pas être attribués à l'élevage seul, selon Tsering Gonpo, vice-préfet de Yushu. Le professeur Zhang Xiaode de l'Académie chinoise de la gouvernance estime qu’en un millénaire d'évolution, les éleveurs et le bétail se sont intégrés au système écologique et coexistent harmonieusement. C'est une caractéristique distinctive de Sanjiangyuan : lorsque les animaux partent, le déséquilibre entraîne un désordre écologique.

« En plus de sa valeur écologique, Sanjiangyuan est riche en culture », affirme Liu Shurun, célèbre botaniste et écologiste des prairies. « Sans vaches ni moutons, la culture millénaire des nomades du plateau disparaîtrait aussi. »

  

 

 

Un parc national pilote

En 2011, la réserve naturelle nationale de Sanjiangyuan a désigné 123 100 kilomètres carrés pour la création d’un parc national pilote.

Pour une meilleure efficacité, le parc pilote a mis en place une administration spéciale qui a fusionné les anciens bureaux des terres, de l'environnement, de la conservation de l'eau, de l'agriculture et de l'élevage. Le parc est divisé en trois zones consacrées respectivement au Yangtsé, au fleuve Jaune et à Lancang, qui se concentrent chacune sur différentes priorités.

Le parc invite également la participation de personnes de tous les milieux et accorde une attention particulière aux intérêts des éleveurs. « Le parc protégera non seulement l'écologie, il utilisera la nature pour améliorer le niveau de vie local », promet Li Xiaonan, directeur de l'administration du parc national de Sanjiangyuan. « Outre les montagnes, les fleuves, les forêts, les lacs et les animaux, plus de 61 500 locaux vivent sur la zone du parc. Ils doivent également être protégés. »

 

 

 

 

Récemment, l'administration a sélectionné près de 10 000 éleveurs de familles pauvres pour une formation écologique. Ils recevront un salaire mensuel du gouvernement pour patrouiller le parc, faire appliquer la loi et surveiller la situation écologique.

Le parc installera aussi des technologies de télédétection et de communication par satellite pour surveiller l'environnement dans un délai de quatre ans. « La carte écologique créée par ce système aura une précision de 50 centimètres », révèle M. Li. « L'emplacement et la répartition de tous les individus, animaux et végétaux du parc pourront être suivis et l'état de l’écosystème, des glaciers, des prairies et des zones humides, sera ainsi surveillé. » Les données recueillies par le système seront rendues publiques.

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