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La nature transcende les époques

2017-03-14      Texte de Zi Mei, photographies de Qian Ye

 

En juillet, la 40e session du Comité du patrimoine mondial qui s’est tenue à Istanbul a voté pour ajouter Shennongjia, dans la province chinoise du Hubei, à la prestigieuse Liste du patrimoine mondial. Le comité a reconnu Shennongjia comme l'un des trois centres de la biodiversité en Chine. Le site propose les ceintures verticales naturelles les plus intactes du monde et sert d'habitat à de nombreuses espèces rares de la faune et de la flore. Il est également l'origine de nombreuses plantes qui sont aujourd’hui populaires auprès des jardiniers du monde entier.

 

 

 

 

 

 

Trésor botanique

Couvrant une superficie de 73,32 hectares, la réserve de Shennongjia est divisée en deux sections : la section occidentale, qui va du pic Shennong au mont Baodong, et la partie orientale, qui comprend la zone du mont Laojun. Sa zone tampon s’étend sur 41,54 hectares. La région possède le seul écosystème forestier subtropical bien préservé aux latitudes moyennes de la planète, ainsi que de riches ressources forestières.

Ses reliefs complexes fournissent un habitat à un grand nombre d'espèces rares et menacées. Qualifié de trésor botanique, Shennongjia abrite 15 espèces animales protégées, dont le singe doré et le panda rouge. Certains endroits n’ont presque jamais été touchés par l'homme et restent des forêts préhistoriques.

 

 

 

 

Importante ressource en eau du cours moyen du Yangtsé, Shennongjia constitue un grand purificateur d'air sur la rive sud du fleuve, en conservant l'eau et le sol, ainsi qu’en régulant le climat. Avec sa valeur écologique inestimable, Shennongjia revêt en termes géologiques une grande importance pour la Chine et pour le monde.

« La colonne stratigraphique de Shennongjia est très ancienne, elle date d’un milliard à 1,6 milliard d'années », explique Li Xiaochi, expert en géologie du Bureau de candidature de Shennongjia au patrimoine mondial. « Ce genre de strate est très rare dans le monde, nous manquons de données précises sur ces couches. L'étude avancée de la strate peut nous aider à en apprendre davantage sur l'évolution de la terre et la topographie de la Chine. »

  

 

 

 

Expéditions scientifiques

Les expéditions scientifiques modernes à Shennongjia ont commencé dans les années 1940.

En 1939, Jia Wenzhi, un responsable local de la région, a appris l’existence d’activités minières menées par les Japonais à Shennongjia. Ernest Wilson, un botaniste américain renommé, avait commencé la cueillette de plantes dans la région. Inquiet à l’idée que des étrangers puissent voler les ressources de la Chine, Jia Wenzhi a décidé de mener ses propres recherches du site, les premières du genre. Entre 1941 et 1943, il a envoyé trois groupes d'explorateurs à Shennongjia. Après d'importants travaux sur le terrain, ils ont publié un rapport de 36 000 mots documentant les caractéristiques de base des lieux.

Shennongjia était réputé comme le dernier refuge de l'homme sauvage. Par conséquent, la plupart des expéditions scientifiques ont porté sur la recherche d’un tel homme dans les années 1970. En 1977, la plus grande enquête scientifique du site a été menée par une équipe composée de plus de 150 membres, dont des experts, des universitaires, des responsables locaux et des chasseurs expérimentés.

 

 

 

 

  « Les premières expéditions avaient pour but de trouver des aborigènes », avait expliqué Tang Zhaozi (1948-2014), chercheur spécialiste de la faune sauvage. Dans la période qui a suivi la Révolution culturelle, la science a regagné sa popularité à travers le pays. L'équipe était gérée de manière militaire, chaque membre étant armé d'un fusil semi-automatique et déterminé à trouver des hommes sauvages. L'expédition était sommée de revenir avec une découverte qui ferait la fierté du pays.

Mais après six mois de recherches, aucune trace d'activité humaine n'avait été trouvée. Certains ont continué à chercher des gens dans la jungle, mais d'autres ont commencé à enquêter sur la flore et la faune. En 1980, une équipe conjointe d'experts chinois et américains a mené une expédition scientifique, créant 37 postes de suivi, et a rédigé un long rapport sur les plantes présentes à Shennongjia.

 

 

 

 

L'exploration scientifique de Shennongjia n'a jamais cessé depuis. En 2012, une grande expédition visant à enquêter sur les ressources profondes de la région a commencé. La planification a pris trois ans, et trois autres années ont été nécessaires pour mener à bien le projet, mais les efforts en valaient la peine : les nombreuses données enregistrées à cette occasion ont fait avancer la candidature de Shennongjia au patrimoine mondial.

  

 

 

 

Développement et protection

L’inscription de Shennongjia au patrimoine mondial pourrait annoncer l’arrivée de nouveaux touristes. Aujourd'hui, le volume annuel du tourisme est d'environ 700 000 personnes. Les écologistes estiment que Shennongjia peut accueillir environ 798 000 personnes au maximum. Ai Yingjie, vice-président de la zone forestière de Shennongjia, a donc déclaré que le nombre annuel de touristes serait limité à 798 000 pour protéger le patrimoine naturel.

En mai dernier, Shennongjia est devenu un parc national pilote, dont l’objectif est la conservation des espèces. En 1872, le parc national de Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis et du monde. Le parc national pilote de Shennongjia s’étend sur 1 170 kilomètres carrés, ce qui représente environ 36 % de la superficie totale du site de Shennongjia. La vaste étendue de terres désignées comme parc national est protégée par des hélicoptères, des tours d’observation, des caméras de surveillance et des patrouilles.

 

 

 

 

Shennongjia a longtemps été administré par quatre ministères différents : du Logement, du Tourisme, de la Gestion des terres et de la Conservation de l'eau. Cela entravait l'efficacité de la gestion du site. Selon Shu Boyang, vice-président de l’Académie du tourisme de Wuhan, le système national de gestion du parc devrait consolider son pouvoir et ses ressources pour améliorer l'efficacité de son travail et mettre davantage l'accent sur la protection écologique et le service public.

« Les programmes de parcs nationaux pilotes en Chine doivent s’efforcer de trouver un équilibre entre la protection de l'environnement et le service public », explique-t-il. Selon lui, un parc national doit privilégier la protection du site, quitte à enregistrer moins de revenus. Toutefois, un parc national est aussi une institution publique qui fournit des services aux touristes

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