| Abonner à La Chine |



|
|
|
|
|
|
L'art traditionnel et la modernité
« Je me souviens encore de la première fois que j'ai vu une photo de scénario de l'opéra de Beijing publiée dans China Pictorial. J'étais stupéfait par le maquillage et le costume de la Qingyi : les sourcils se prolongaient jusqu'aux tempes et ses beaux yeux jetaient des regards de côté et d'autre. C'était bien la Belle des anciens récits devenue vivante ! », commente un internaute sur son blog, à propos de sa première impression de l'opéra de Beijing.
Effectivement, pour son premier numéro, à une époque où l'appareil photo était une chose nouvelle et rare, China Pictorial avait publié une série en couleur sur l'opéra de Beijing, offrant un choc visuel incomparable aux lecteurs. En soixante ans, le magazine a publié au total plus de 700 photos sur ce thème, témoignant ainsi du développement de l'opéra de Beijing après la fondation de la nouvelle Chine.
Monsieur Wu Yinbo, ancien photographe de China Pictorial, a réalisé une série précieuse sur l'opéra de Beijing. Sa photo de « Mukezhai », l'une des pièces classiques de l'opéra traditionnel, interprétée par Zhang Chunxiao et Xie Ruiqing, a fait la couverture du numéro de janvier 1956. Les années cinquante et soixante sont considérées comme la période d'or de l'histoire de l'opéra de Beijing, où le répertoire était vaste et les talents foisonnaient. Le magazine a mené nombre de reportages sur les grands maîtres comme Mei Lanfang, accumulant au fur et à mesure une immense quantité de documents et images de grande valeur. Au décès de Mei Lanfang en 1961, pour rendre hommage à cet homme qui a marqué l'histoire de l'opéra, le magazine a consacré quatre pages entières aux photos de ses pièces pour son numéro d'octobre.
Lorsque la révolution culturelle a commencé, toutes les pièces classiques ont été interdites. Les « pièces modèles » aux thèmes révolutionnaires les ont remplacées, et sont devenues immédiatement populaires au niveau national. Un reportage sur la mise en scène de « La légende de la lanterne rouge » (Hongdengji) est apparu dans le numéro de septembre 1965. Il affirme que « les spectateurs étaient au nombre d'un million sept cent cinquante, jamais dans l'histoire de l'opéra de Beijing une pièce n'avait été aussi suivie » et la chanson du même nom devient « la chanson de l'année ». Le héros brandissant une lanterne rouge demeure l'idole d'une génération.
En 1979, une photo du répertoire classique « Zhaojun Chusai » a fait une apparition discrète dans le numéro de novembre de China Pictorial. Après la révolution culturelle, un vaste répertoire est progressivement revenu et les pièces modèles se sont retirées de la scène. En 1991 s'est tenu à Beijing un colloque de redressement de l'opéra de Beijing à l'occasion de la commémoration du deux centième anniversaire de l'arrivée des troupes d'Anhui à Beijing. China Pictorial a publié en avril un reportage sur le Grand Festival de l'opéra de Beijing, illustré de photos des dirigeants comme Jiang Zemin admirant le spectacle. Aujourd'hui, l'opéra de Beijing est entré dans les écoles et devenu un élément important de l'éducation des écoliers et collégiens.
Après toutes ces vicissitudes, la collision entre tradition et modernité va donner à l'opéra de Beijing un souffle nouveau et un autre charme.