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En Chine, de plus en plus de gens sont comme Cheng Xiao, et par conséquent, les Chinois acquièrent au fil du temps une compréhension et une connaissance plus profondes des animaux.
Il y a vingt ans, Monsieur Lou, qui gérait une entreprise publicitaire à Beijing, a acheté un pékinois à 30 000 yuans lors d'une vente aux enchères. À l'époque, le salaire mensuel d'un employé de Beijing était seulement de 100 yuans. Ce chien de compagnie est d'origine chinoise, mais il devait être importé par contrebande depuis les pays voisins. Aujourd'hui, par contre, on peut même trouver des pékinois parmi les chiens errants. En deux décennies, les animaux de compagnie sont définitivement entrés dans les familles chinoises et font partie de leur vie, ou représentent même un mode de vie.
La Chine ne dispose pas de nombreuses structures de sauvetage d'animaux. L'État subventionne en priorité la protection des animaux sauvages menacés ou rares, comme les pandas géants, les chevaux sauvages, les rhinopithèques, les antilopes, les grues à cou noir, etc. La protection des animaux urbains dépend des associations civiles qui sont très limitées en termes de financement et de compétence.
Parmi ceux qui donnent à manger aux chats dans les rues ou dans les parcs, la tendance se fait plus raisonnable. Ils réalisent peu à peu que la meilleure protection est de stériliser ces animaux. Malheureusement, la majorité de ces bienfaiteurs ne sont pas riches, et les frais d'une opération de stérilisation restent hors de leur portée.
Outre le problème financier, la protection est rendue plus difficile par les mentalités et les habitudes. Certains sont toujours convaincus que la stérilisation est une méthode inhumaine. Ils préfèrent élever ces animaux sans contrainte. Monsieur Chang, qui vit en banlieue, était adepte de ce point de vue. Il y a deux ans, il a sauvé un chien blessé sur la route. Un an plus tard, il possédait déjà une dizaine de chiots. Heureusement, il a récemment changé d'opinion et stérilisé tous ces chiens, se rendant compte du sérieux de ce problème.
Dans certaines régions chinoises, on mange du chien. Aujourd'hui, de plus en plus de gens critiquent cette habitude. Wei Shouping est le propriétaire d'un refuge de chiens. Il fréquente un restaurant tenu par un peintre. Un jour, lorsque ce restaurant réputé pour ses spécialités du Hunan propose d'offrir du chien, M. Wei s'y oppose immédiatement et les avertit que s'ils osent faire cela, il incitera tout le monde à ne pas manger chez eux. Finalement, le restaurant a cédé et n'a plus évoqué ce sujet.
"Plus les propriétaires de chiens seront nombreux, plus les gens s'opposeront à les manger », affirme Wei Shouping.
En fait, les jeunes nés à partir des années quatre-vingt sont plus attachés aux animaux. Ceux-ci assurent de plus en plus un soutien psychologique aux personnes âgées solitaires et pour les enfants uniques. L'habitation fermée diminue les contacts humains, et les animaux de compagnie permettent souvent de briser la glace. « Ils aident les gens à nouer des relations sociales, c'est l'une des raisons majeures de leur nécessité dans notre époque informatique », confirme Cheng Xiao.
La possession d'animaux de compagnie change le mode de vie des Chinois et leur concept des animaux. Parallèlement, de ce phénomène sont nés d'énormes bénéfices, voire un nouveau secteur.
L'industrie des animaux de compagnie concerne diverses activités, comme la production et la distribution d'aliments et d'autres articles, la médecine vétérinaire, le toilettage, la garde en cas d'absence, la photographie, les funérailles ou encore les concours. Ce secteur représentait en 2008 une valeur de 20 milliards de yuans, et il est estimé que ce chiffre devrait doubler en 2010, signe de son développement rapide.
Évidemment, avec l'augmentation du nombre d'animaux de compagnie surviennent certains problèmes, tels les blessures humaines et le vacarme. Pourtant, l'opinion publique semble juger que tous ces incidents ne sont pas dus aux compagnons eux-mêmes, mais à leurs maîtres. La solution la plus efficace serait donc d'apprendre aux maîtres comment bien élever leurs compagnons.