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Yu Kongjian, le retour à la terre
Texte de Li Shuya

 

 

 

   

 

 

 

L'art de vivre

« Je suis rentré en Chine il y a 16 ans », note Yu Kongjian. « Mon parcours a consisté à surmonter un obstacle après l'autre. »

Son premier triomphe fut la récompense d’ASLA pour le parc du chantier naval (Qijiang) de Zhongshan en 2002. La reconnaissance internationale est utile au niveau national, où un système d'évaluation objectif n'a pas encore été établi. Depuis, Yu a continué à récolter des honneurs et des récompenses à travers le monde tout en marchant vers l'immortalité, en élevant son nom aux côtés de ceux de James Corner et Adriaan Geuze.

Pour mieux faire comprendre ses idées, il explique sans relâche ses concepts aux maires et aux responsables municipaux. « Ils sont hautement qualifiés », affirme Yu. « Je souhaite qu’ils entendent mes idées parce qu'ils sont désireux de construire leurs villes correctement. Ils espèrent trouver quelqu'un qui puisse leur montrer comment y parvenir. » Il a même publié un livre pour répandre ses idées, Une voie du paysage urbain : Entretiens avec des maires, qui en est déjà à sa 13e édition.

La philosophie de Yu évoquant un espace naturel pour chaque personne ordinaire se retrouve dans une grande variété de paysages avec des fonctionnalités en contraste, notamment le parc Houtan de Shanghai, qui purifie l’eau, le parc aquatique de l’orage Qunli à Harbin, dans la province du Heilongjiang, qui recueille l'eau de pluie et empêche les inondations, le projet de restauration de la plage à Qinhuangdao, dans la province du Hebei, qui restaure l'écosystème marin, et le campus du riz de l'Université Jianzhu de Shenyang, dans la province du Liaoning, qui promeut la production agricole.

Adjacent au site de l'Expo de Shanghai 2010, le parc Houtan est considéré comme l’un des chefs-d'œuvre de Yu Kongjian et Turenscape. S’étendant sur 1,7 km le long de la rivière Huangpu et couvrant 14 hectares, il a été construit sur le site d'une ancienne usine sidérurgique et d’un ancien chantier naval. On y trouve désormais un parc de zone humide qui purifie l'eau.

Avec ce projet, Yu Kongjian a ouvert une nouvelle voie dans la construction des parcs. Il a maintenu un faible coût, rendu le parc actif en lui faisant produire de l’eau purifiée et des cultures, tandis que d'autres paysagistes dépensaient beaucoup plus dans des pavillons, des terrasses, des tours, des fontaines et des parterres de fleurs, qui coûtent aussi plus cher à entretenir. « Tout cela est inutile, je suis productif », conclut-il avec une pointe de fierté.

Yu Kongjian qualifie son style d’« art de vivre » inspiré par les techniques et le savoir-faire de ses ancêtres. Il a nommé sa société Turen (tu signifie terre et ren signifie homme en chinois) pour illustrer sa compréhension de la relation entre l'homme et la terre, avec une trace d’autodérision masquant sa fierté pour son pays.

 

En savoir plus

L'aménagement paysager de Yu Kongjian a toujours porté sur « l'amélioration du cadre de vie de l'humanité ». En 1992, il a reconnu Richard TT Forman et Carl Steinitz à Harvard comme ses mentors. Les deux hommes lui ont donné une base solide sur laquelle il a pu établir son propre style. Il ne ménage pas ses efforts pour faire jouer un plus grand rôle à l’aménagement paysager dans la réduction des problèmes urbains croissants et pour améliorer la protection de l'environnement grâce au contrôle des inondations, la gestion des ressources en eau, la protection de la biodiversité et du patrimoine culturel.

Pour Yu, certains embellissements urbains n’ont absolument aucune valeur. Il est opposé avec une grande partie de la planification urbaine traditionnelle, qui voit notamment la construction de châteaux sur des collines de sable, car elle ne sert généralement pas le grand public. Il s'oppose aux projets excessifs de conservation de l’eau avec des suggestions constructives.

Son style met à jour le design urbain traditionnel. « Nous ne pouvons pas choisir de sites pour des zones résidentielles ou des immeubles de bureaux avant de déterminer où sont les cours d'eau, les zones humides, les habitats des animaux sauvages et les sites du patrimoine culturel », souligne-t-il. « Les infrastructures naturelles devraient rester à leur place. Un squelette vert permet à la conception urbaine d’amener un développement sain. »

Si les projets de conservation de l'eau sont excessifs, comme le pense Yu, comment peut-on prévenir les inondations ? « Au lieu de construire de grands barrages et des canaux artificiels, nous devrions enlever le béton armé, afin que la terre puisse absorber la pluie, qui est ainsi purifiée et permet d'enrichir les nappes souterraines. Cela est comme une éponge verte. »

« En supposant que nous fixions comme objectif à l'aménagement paysager de la Chine d’améliorer les villes et de créer de beaux paysages, où se situerait la Chine maintenant ? » lui a demandé un journaliste.

« À mi-chemin », a répondu Yu Kongjian. « Parfois, nous devons nous arrêter dans un endroit avec une pente douce pour avoir une vue d’ensemble. »

 

 

 

 

 

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